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01 mars 2007

Pôles terrestres: l'état d'urgence est décrété

Encore un article sur la dégradation de l'environnement. Le traitement des problèmes environnementaux est très éclairant. En effet, il semble assez sporadiques et survient lors:

- des scandales environnementaux, tels le scandale de l'Erika et autres marées noires

- lors de colloques ou d'opérations scientifiques particulières

- lors des actions bruyantes de Greenpeace

Demandez vous pourquoi. Est-ce-que parler de l'environnement est vendeur en dehors des catastrophes?

Lien permanent: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-877782@51-877872,0.html

Enquête

Pôles terrestres : l'état d'urgence est décrété

LE MONDE | 01.03.07 | 14h36  •  Mis à jour le 01.03.07 | 14h36








Ce jeudi 1er mars, les deux calottes glacées de la Terre devaient être au centre de toutes les attentions : la communauté scientifique internationale lance officiellement, à Paris, la quatrième Année polaire internationale (API 2007-2008). Organisée sous l'égide du Conseil international des sciences et de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), cette nouvelle Année polaire est placée sous les auspices du réchauffement climatique, qui marque de son empreinte les zones arctiques.

Elle se déroulera de fait sur deux ans, de mars 2007 et mars 2009, ce qui permettra d'"étudier un cycle entier Arctique-Antarctique sur deux saisons complètes", explique Yves Frenot, directeur adjoint de l'Institut Paul-Emile-Victor (IPEV, à Brest). Car ces zones sont accessibles en été à des périodes bien précises : juin à août pour le pôle Nord, novembre à février pour le pôle Sud. Ses travaux mobiliseront 50 000 chercheurs travaillant sur 209 projets et représentant plus de soixante nations.

Les précédentes API ont rodé une coopération internationale indispensable dans ces zones rudes et difficiles d'accès. Celle-ci avait commencé dès 1874-1875, quand les scientifiques ont voulu observer le passage de la planète Vénus devant le Soleil. Lors de la première API (1882-1883), douze pays avaient uni leurs forces pour mener en Arctique et en Antarctique des études sur le climat et le champ magnétique terrestre, l'astronomie, la botanique, la zoologie et l'ethnologie. La deuxième API (1932-1933), lancée par l'OMM, avait étudié le jet-stream, ce puissant courant atmosphérique qui parcourt le globe à 10 km d'altitude. La troisième (1957-1958), centrée sur l'Antarctique, avait eu lieu dans le cadre de l'Année géophysique internationale, pendant une période d'activité solaire intense.

Cette période, qui avait vu la confirmation de la théorie de la dérive des continents - jusque-là très controversée -, les premières mesures de gaz carbonique dans l'atmosphère et le lancement des premiers satellites, est aussi celle au cours de laquelle la recherche polaire a pris véritablement son essor.

C'est à partir de ces années-là que les nations ont installé plus de cinquante observatoires en Antarctique. En 1961 fut signé le traité de l'Antarctique, qui réserve à jamais le continent blanc aux seules activités pacifiques. Il a été complété par le protocole de Madrid, entré en vigueur en 1998, qui protège cet environnement exceptionnel pour cinquante ans.

Les recherches menées depuis cinq décennies dans ces régions battues par les vents, où les températures peuvent descendre à - 89 0C en Antarctique et - 70 0C en Arctique, ont montré qu'elles sont des endroits-clés de notre planète. Elles jouent en effet un rôle capital dans les échanges atmosphériques qui se font entre les pôles et l'Equateur, et dans la circulation océanique mondiale.

Pour cette raison, " les glaces des pôles sont les témoins privilégiés de nos méfaits sur l'environnement, précise Claude Lorius, président du comité français de parrainage de l'Académie des sciences. Nous avons pris conscience qu'il n'y avait qu'une seule atmosphère, avec la découverte du trou d'ozone en Antarctique, les retombées radioactives aux pôles et la présence de plomb dans les glaces du Groenland". Les forages glaciaires menés au Groenland et en Antarctique ont aussi confirmé la corrélation étroite existant entre les changements climatiques et les gaz à effet de serre, dont la teneur n'a jamais été aussi élevée depuis 650 000 ans.

Ce réchauffement est déjà visible en Arctique. La fonte de la glace et du pergélisol (ou permafrost - un sol jusque-là gelé en permanence) y perturbe le mode de vie des habitants et de la faune. Les images prises de satellite et les observations sur le terrain indiquent que la banquise arctique estivale a perdu 15 % de sa surface et plus de 40 % de son épaisseur depuis 1978.

Elle pourrait disparaître complètement à partir de 2070, ce qui ouvrira de nouvelles voies maritimes et la possibilité d'exploiter des ressources minières et pétrolières jusqu'ici inaccessibles. Elle devient, de ce fait, une région stratégique que se disputent les puissances locales (lire la page Focus du 27 mai 2006).

Pour prévoir l'avenir des zones polaires, il importe maintenant de "décrire un état de référence tant scientifique qu'ethnographique à partir duquel on pourra modéliser et préciser l'ampleur du réchauffement", précise Yves Frenot. Les équipes internationales ont donc sélectionné six thèmes de recherche pour la nouvelle année polaire. Elles veulent mieux connaître les liens et interactions entre les régions polaires et le reste du globe, qui restent mal connus. Elles souhaitent préciser la composition et la morphologie de la croûte terrestre présente sous la glace, et les interactions entre ces deux milieux. Il est aussi prévu de profiter de la position géographique unique des régions polaires pour installer ou développer des observatoires destinés à mieux connaître la structure interne de la Terre et son champ magnétique.

L'Antarctique et son atmosphère extrêmement claire et pure sont aussi idéaux pour développer des observations astronomiques. Enfin, nouveauté de l'API 2007-2009, des travaux seront consacrés à l'étude des populations arctiques et à leur culture. Les organisateurs de l'API souhaitent enfin sensibiliser le public, en particulier les jeunes, sur l'enjeu que représentent les pôles pour la planète.

Durant deux ans, conférences, expositions et manifestations auront lieu partout dans le monde, y compris en France. La Cité des sciences et de l'industrie a ouvert le ban avec l'exposition Pôle Nord-Pôle Sud (jusqu'au 30 juin), qui sera accompagnée de nombreuses rencontres et conférences.

Toutes les recherches nécessiteront des moyens techniques lourds - navires, satellites, etc. - et des systèmes de stockage et de traitement de données performants. Car il faudra gérer d'énormes quantités d'éléments et les rendre accessibles à la communauté scientifique. Dès lors, les pays participants ont prévu un effort financier particulier : 7,8 millions d'euros pour le Royaume-Uni, 4 pour le Danemark, 3 pour l'Espagne, 7,5 pour les Etats-Unis, 49 pour la Chine, le Canada faisant un effort exceptionnel de 113 millions d'euros.

La recherche polaire française devrait bénéficier de 8 millions d'euros, en plus de son budget annuel. Elle mettra en oeuvre ses stations de terrain en Antarctique, dans les îles de Crozet, Kerguelen et Amsterdam, au Spitzberg, ainsi que ses navires Marion-Dufresne-2, Astrolabe et Curieuse.

La France a une longue expérience en Arctique et en Antarctique, qui a commencé avec les Expéditions polaires françaises fondées par Paul-Emile Victor en 1947. Cela s'est traduit par l'installation sur l'île des Pétrels, en terre Adélie, de la station Dumont-d'Urville. Concordia, une deuxième station permanente de chercheurs franco-italiens au centre de l'Antarctique, a été ouverte en février 2005.

La recherche polaire française a une bonne réputation internationale, qu'il convient de maintenir et de mieux organiser. C'est ce que met en avant un rapport rédigé par le sénateur (UDF) de Maine-et-Loire, Christian Gaudin. Après avoir effectué une mission en Antarctique à la demande de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, il estime que la répartition des missions entre les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et l'Institut Paul-Emile-Victor (IPEV) - une agence de moyens - n'est "pas claire". Les deux organismes, selon lui, se marchent sur les pieds : une situation "préjudiciable à notre présence sur les zones polaires".

M. Gaudin préconise de recentrer les efforts de recherche sur l'IPEV en lui donnant des moyens budgétaires renforcés et lui faisant abandonner ses activités non spécifiquement polaires, les TAAF conservant de leur côté un rôle plus politique de promotion des intérêts de la recherche polaire française.

Christiane Galus

Article paru dans l'édition du 02.03.07

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Nicolas Sarkozy accuse François Bayrou de faire le jeu des extrêmes

Un article du Monde dans l'édition du 1er mars 2007: Lien permanent: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-877535@51-825418,0.html

Nicolas Sarkozy accuse François Bayrou de faire le jeu des extrêmes

LEMONDE.FR | 01.03.07 | 11h18








Lors d'une rencontre avec des lecteurs du quotidien Sud-Ouest, Nicolas Sarkozy a haussé le ton contre le "troisième homme" du moment. Interrogé sur l'ascension dans les sondages du candidat UDF à la présidentielle, François Bayrou, crédité de 17 %, M. Sarkozy répond : "Qu'est-ce que je devrais dire, moi qui suis entre 31% et 33 % ? Je devrais avoir la grosse tête."

"Pour moi ce n'est jamais pareil que pour les autres, quand les autres sont à 17 % c'est extraordinaire. Mais si moi j'étais à 17 %, on dirait : mon pauvre, c'est la catastrophe", plaisante M. sarkozy."Ce que propose François Bayrou, on l'a déjà connu, c'est la IVe République. Et la IVe République, ça a été l'impuissance. On prend la gauche, on prend la droite, on fait un melting-pot, on met tout ensemble", poursuit-il. "Troisième homme, très bien, mais il faut être le premier", insiste le candidat UMP en réponse à une question d'un journaliste de Sud-Ouest.

Le dernier sondage IFOP du 26 février montre que 20 % des électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy hésitent à voter François Bayrou. Le 29 janvier, ils n'étaient que 9 %.

"LES DÉPUTÉS DE L'UDF ONT ÉTÉ ÉLUS PAR LES VOIX DE DROITE"

François Bayrou est le "ministre qui a le moins changé les choses", juge également M. Sarkozy, assurant : "C'est sa stratégie, l'immobilisme". Le candidat de l'UMP estime que lorsqu'"on a été élu par les voix de droite, ce n'est pas bien de faire une politique de gauche. C'est le contraire de la démocratie."

Il accuse le président de l'UDF de faire le jeu des extrêmes : "Si vous votez pour lui, dans les législatives qui suit, il va vous dire votez pour la gauche ou la droite. Mais si ça échoue qu'est-ce qui reste ? Le Pen ou Laguiller. Et c'est un choix que je ne veux pas pour la France."

"Pour le reste, c'est un homme de qualité", affirme toutefois le ministre de l'intérieur, sans exclure une conciliation après les élections. "Il est critique parce qu'il veut essayer de gagner ! Mais faites la différence entre la campagne électorale et demain. Les députés de l'UDF ont été élus par les voix de droite, rappelle-t-il. Vous croyez que ça leur fera plaisir de voir un candidat de l'UDF faire la campagne de la gauche ?"  "Un jour il faut s'expliquer devant les électeurs, c'est pas tout de parler !" s'exclame M. Sarkozy.

Le candidat UMP estime cependant que durant la campagne "il n'insultera personne". Si M. Bayrou et Mme Royal "pensent qu'une campagne agressive sert leurs intérêts, je les respecte, mais je pense que la France n'a pas besoin d'agressivité". Il considère être le candidat qui a "le plus d'expérience". "N'est-ce pas plus rassurant pour les gens de constater ce que j'ai fait au ministère de l'intérieur, plutôt qu'à la présidence de Poitou-Charentes ?" ironise-t-il.

Le Monde.fr

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Un exemple de revue de presse

Voici un exemple de revue de presse qui a été réalisé par un élève de sciences po dans le cadre d'une conférence de droit pénal au semestre dernier. Le thème était les prisons. Il s'agit d'un exemple afin de vous montrer un peu ce qu'on attendra de vous à sciences po et ce qu'on attend (un peu) de vous cette année, pour votre revue de presse.

Un petit conseil (mais vous aurez l'occasion de le constater dans la revue qui va suivre): faites des titres courts, pensez à bien structurer, avec des grandes parties et des sous-parties et surtout faites des transitions. Ne perdez pas de vue que vous faîtes une revue de presse; il faut donc garder comme prisme pour la problématique le traitement de l'information. Comment l'information est traitée sur le thème que vous avez choisi et sur la période donnée? Ne partez pas dans des débats doctrinaux sur tel ou tel thème. C'est un travail de synthèse des grandes orientations de la presse sur votre sujet, pas une dissertation!

La revue de presse sur les prisons françaises: Avec cette longueur, vous tenez dix minutes à l'oral. C'est important à savoir. Chronométrez vous, exercez vous devant une glace, devant des membres de votre entourage. Ne faites pas trop long, ça vous déservira!

LES PRISONS FRANCAISES

On trouve régulièrement des reportages engagés ou des prises de position fortes sur la situation dans les prisons françaises, que ce soit dans la presse écrite, à la radio ou à la TV.

Ø      Sujet particulièrement sensible, il paraît normal qu’on lui consacre une place importante dans la presse.

Ø      Et pourtant, les reportages ne sont pas si réguliers que ça.

A titre préalable, une remarque :

Ø      Depuis une dizaine d’années, constat sur la situation des prisons françaises unanime : elles sont vétustes, surpeuplées et ne parviennent pas à remplir leur mission de réinsertion sociale, bien au contraire.

o       Ainsi, chaque fois qu’il est question des établissements pénitentiaires français dans la presse, notamment écrite : souvent des critiques assez vives portées contre la gestion actuelle des prisons, quels que soient les journaux.

J’ai donc étudié la façon dont la presse (surtout écrite) aborde la question de la prison en France depuis une dizaine d’années > je me suis interrogé sur les motivations et sur les sujets que la presse privilégie pour traiter de la question carcérale en France.

Au-delà de ce constat unanime sur l’état des prisons, on peut scinder l’approche de la presse en 2 catégories :

Ø      d’une part, une approche caractérisée par son irrégularité dans le temps : la couverture médiatique des prisons s’attache à l’actualité > couverture conjoncturelle, éphémère.

Ø      d’autre part, une approche plus régulière, qui aborde des questions de fond sur la détention en France. > traite souvent de sujets sociaux ou sociétaux.

I – L’irrégularité de la couverture médiatique de la question carcérale

Constat = fréquence des écrits relatifs à la prison est très inégale. > Intérêt de la presse pour la prison = dicté par l’actualité = approche conjoncturelle. Il y a plusieurs grandes catégories d’événements qui amènent la presse à consacrer des reportages sur la prison (j’en vois 3) :

1- Evénements pénitentiaires

Lors d’événements spectaculaires, la presse braque ses projecteurs sur la prison. Quelques exemples dans l’actualité récente :

Ø      Evasion spectaculaire d’Antonio Ferrara de Fresnes en mars 2003 (commando armé, logistique importante) >> nombreux articles sur place du grand banditisme en détention (complicités internes).

Ø      Mutinerie et prise d’otages à la centrale de Moulins-Yzeure en novembre 2003 > après évasion Ferrara, 2e événement d’importance en 2003 > à l’origine de nombreux reportages sur la question de la sécurisation des lieux de détention.

2- Projets politiques

Dès qu’un projet de loi relatif à la prison est adopté, nouvelle vague d’articles. Quelques illustrations :

Ø      Loi du 15 juin 2000 : juridictionnalisation de la libération conditionnelle > le GDS n’a plus de pouvoir discrétionnaire à ce sujet. Mesure saluée par l’ensemble des éditos.

Ø      Création d’un secrétariat d’Etat aux Programmes Immobiliers de la Justice en 2002 (Bédier). Très contesté par la gauche, attaques virulentes dans Libération > peur d’une fuite en avant des incarcérations.

Ø      21 nov. 2002 : annonce de la construction de 13 200 nouvelles places en détention. Nouvelles polémiques (remplacement de prisons vétustes + augmentation des capacités). + Nouveauté : partenariats public/privé pour les financer = vif débat sur cette « privatisation »

3- Evénements purement médiatiques

Ø      Exemple le plus frappant a été la publication d’un ouvrage par Véronique Vasseur, « Médecin chef à la Santé », qui dénonce violemment le traitement médical des détenus (janvier 2000).

Ø      Enorme couverture médiatique. Provoque la constitution d’une commission d’enquête parlementaire, qui rend rapidement un rapport accablant sur l’état de nos prisons, intitulé « Prisons, une humiliation pour la République ».

Ø      Mais finalement, cet ouvrage et ce rapport parlementaire ne vont provoquer aucun bouleversement > pas de nouveau projet ambitieux pour la Justice, et même les médias se détournent rapidement du sujet, avec échéances électorales.

II- Une approche plus régulière, privilégiant l’étude des phénomènes sociaux en détention

>> Constat plutôt négatif. Médias ne semblent pas consacrer une place centrale à ce sujet pourtant brûlant. Mais il faut nuancer le constat : il y a heureusement un traitement médiatique plus régulier de la prison > moins tapageur, moins spectaculaire, mais bien présent.

= Approche qui renvoie à des thématiques récurrentes, liées aux questions sociales en détention.

Plusieurs sujets récurrents :

1-     Le plus important : la surpopulation carcérale et ses conséquences sur le quotidien des détenus.

Ø      Est l’occasion de nombreux reportages sur la détention, notamment au moment de la canicule (2003), où on atteint un record historique du nombre de détenus (61 000). > La Croix titre « Les prisons au bord de l’explosion ». Libération et l’Humanité dénoncent violemment cette situation (et conséquences : suicides, violences,…)

Ø      Surpopulation qui empêche aussi d’offrir un emploi à tous les détenus. Question du dt du travail, non applicable en prison > « Cachot, boulot, dodo, et pas le SMIC » (Libération, 03 juillet 2004)

Ø      Démarche médiatique originale à propos de cette question de la surpopulation : « Appel des 200 » - Nouvel Obs (nov. 2005) = 200 personnalités s’engagent pour dénoncer la situation dramatique des prisons françaises, 5 ans après les rapports parlementaires accablants.

2- La vie de famille des détenus

Ø      Sujet source de nombreux reportages, par exemple dans les pages « Société » de Libération = longs reportages, témoignages. Question du droit de visite, du maintien des liens familiaux (> UVF), de la vie sexuelle des détenus (bébés parloirs). Analyse intéressante : Libération, « Amours en cage » (12 janv. 2005)

3- La question des malades mentaux

Ø      Article Le Monde de déc. 2004 rappelle que 8 détenus sur 10 souffriraient d’une pathologie d’ordre psychiatrique. > Les malades mentaux ont-ils leur place en détention ? Objet de plusieurs analyses, principalement dans Libération (> « Délire carcéral », 04 janv 2005)

4- La religion en détention et la question de l’islamisme

Dernier sujet  régulièrement abordé par la presse : l’intrusion de l’islamisme en détention. 60% des détenus seraient de confession musulmane. Peu d’aumôniers musulmans > facilite le prosélytisme intégriste, vrai problème aujourd’hui.

Ø      Article du NY Times sur les prisons françaises, repris par Courrier Internat.en déc. 2004 : « Derrière les barreaux, l’islam prospère ».

Conclusion.

>> Couverture médiatique très inégale dans le temps, très diffuse.

Au final, question carcérale est donc l’objet de nombreux reportages.

Mais hormis peut-être l’Appel du Nouvel Obs, pas d’inscription dans la durée de ce thème : n’est pas élevé au rang de priorité nationale par les médias.

Pourtant les médias ont sûrement ici un vrai rôle à jouer : seule leur insistance pourrait provoquer une mobilisation générale, des citoyens et des politiques, pour améliorer clairement les conditions de détention.

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La téléphonie par Internet décolle en France

Un article du Monde sur la téléphonie par internet et son essor en France. N'oubliez pas de parler de la "crise des opérateurs" (crise qui a été évoquée dans les médias début février) et notamment celle de l'opérateur Noos. L'action colletive (class action) n'existant pas en droit français, il reste peu de recours au consommateur quand son téléphone ou internet ne fonctionne pas (services après-vente à distance, virtuels). Un plan possible pour ce genre de revue de presse serait de parler dans une première partie de l'essor des NTIC et dans une seconde partie des problèmes que cet essor peut engendrer (au passage, c'est un plan très juridique mais aussi très sciences po et il colle assez bien à ce qui a pu paraître dans la presse sur la période qui vous intéresse).

Lien permanent sur l'article téléphonie par internet: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-877670@51-841829,0.html

La téléphonie par Internet décolle en France

LEMONDE.FR | 01.03.07 | 17h48  •  Mis à jour le 01.03.07 | 17h48

C






'est le tableau de bord de l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) qui le dévoile dans sa dernière édition : la France comptait 12,7 millions d'abonnés à Internet haut débit au 31 décembre 2006, dont plus de 2,1 millions en dégroupage total.

Le dégroupage total, qui permet de s'affranchir de son abonnement téléphonique à France Télécom, séduit de plus en plus d'internautes, à mesure de sa couverture du territoire. En moins d'un an, le nombre d'abonnements à Internet haut débit a augmenté d'un tiers, avec plus de 3,2 millions d'abonnés supplémentaires, et a été multiplié par six depuis 2002.

MIGRATION MASSIVE DU DÉGROUPAGE PARTIEL AU TOTAL

L'explosion du nombre d'abonnés en dégroupage total qui a presque quadruplé en un an s'explique essentiellement par la migration des clients jusqu'alors abonnés en dégroupage partiel vers le tout dégroupé. Il y a un an encore, 2,23 millions d'abonnés à Internet haut débit étaient en dégroupage partiel. Ils ne sont plus que 1,81 million fin 2006. La baisse des abonnements téléphoniques a également été appuyée par l'arrivée progressive en 2006 chez les nombreux fournisseurs d'accès à Internet (notamment Club internet, Free, Neuf Cegetel et Orange) d'une offre dite "ADSL nu", qui permet de s'abonner à Internet haut débit dans les zones non-dégroupées sans souscrire d'abonnement téléphonique. D'après l'étude de l'Arcep, celà représentait déjà 190 000 abonnés fin 2006.

LA QUASI TOTALITÉ DES FOYERS RACCORDABLES EN HAUT DÉBIT

L'Arcep, qui cite notamment une étude européenne, se réjouit que la France soit l'un des premiers pays en Europe avec les Pays-Bas en termes de pénétration pour le dégroupage, avec 13 % des foyers français raccordés sur un total de 60 % de la population éligible pour le dégroupage (1 789 répartiteurs sont concernés contre 1 107 à fin 2005). Le document de l'Arcep précise en outre que 99 % des lignes téléphoniques sur le territoire étaient raccordables à l'ADSL au 31 décembre 2006, plaçant la France dans le peloton de tête des nations potentiellement les plus en avance en matière de réseaux haut et très haut débit.

Olivier Dumons

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Un oscar pour le réchauffement climatique?

Un article qui traite de manière originale du réchauffement climatique...

Lien permanent: http://www.lesechos.fr/info/analyses/4544508.htm (Les Echos du 1er mars 2007, version électronique)

Jeudi 1 mars 2007

ENERGIE - ENVIRONNEMENT -


LAETITIA MAILHES

Le réchauffement climatique remporte son premier oscar
[ 01/03/07 ]








En décernant l'oscar du meilleur documentaire à l'exposé d'Al Gore sur le réchauffement du climat et son impact sur la planète (« Une vérité qui dérange »), Hollywood a proclamé tout fort ce que le président George Bush avait évoqué du bout des lèvres dans son discours sur l'état de l'Union : le réchauffement climatique est un fait avéré, la responsabilité humaine aussi, et le temps d'une action immédiate est venu.

Si les villes et les Etats américains n'ont pas attendu la sanction d'Hollywood pour multiplier les initiatives de réduction des émissions toxiques et de conservation d'énergie, Washington connaît enfin un frémissement d'activité. Derrière les portes closes des chancelleries, conversations et poignées de main se sont multipliées ces derniers mois sous les assauts persistants de groupes de plus en plus influents issus des milieux d'affaires. Environmental Entrepreneurs (E2), le groupe créé en Californie par le fondateur de Sybase, envoie régulièrement ses délégations sur l'autre côte et se déclare encouragé par la qualité croissante de l'écoute qui lui est réservée. Safe (Securing America Energy's Future), une organisation bipartisane fondée à Washington pour « réduire la dépendance pétrolière des Etats-Unis », a même ses entrées à la Maison-Blanche. Son conseil à la sécurité énergétique compte huit généraux et amiraux à la retraite et huit dirigeants de grandes entreprises comme UPS, FedEx et Goldman Sachs. C'est notamment sous son influence que George Bush a prononcé pour la première fois en public les mots « changement du climat » en janvier dernier.

Les militants d'une législation sur la limitation des émissions de gaz carbonique (CO2) mettent l'accent sur la nécessité d'une approche bipartisane. Dans une large mesure, les initiatives des villes et des Etats leur ont donné raison. Mais Washington est un autre animal. Le corps des élus républicains a suivi jusqu'à présent la ligne dictée par le président et ses bailleurs de fonds, parmi lesquels dominent les gros pollueurs du pays et leurs fournisseurs en énergie.

Aussi, l'élection d'une majorité démocrate au Congrès et au Sénat en novembre dernier a indéniablement fait grimper de quelques degrés l'optimisme des partisans d'une législation fédérale. L'espoir principal étant que le débat sur la validité du problème du réchauffement laisse place à un dialogue constructif sur les moyens d'endiguer le phénomène.

La commission sénatoriale à l'Environnement et aux Travaux publics, qui a juridiction sur ledit dialogue, est présidée depuis début janvier par Barbara Boxer, sénateur démocrate de Californie. Proche alliée du puissant groupe environnementaliste Sierra Club, elle a déclaré que la législation sur le réchauffement climatique était la priorité de son mandat. Par contraste, son prédécesseur, James Inhofe, qui siège toujours à la commission, s'est imposé comme un avocat ardent du doute scientifique sur l'impact de l'activité humaine sur le climat, conformément à la position de la Maison-Blanche, et cite volontiers Claude Allègre.

De son côté, la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, représentante démocrate de San Francisco, a créé une Commission d'investigation sur l'indépendance énergétique et le réchauffement climatique, et a appelé la Chambre à passer une loi d'ici à l'été.

La majorité démocrate est trop étroite pour que les républicains ne jouent pas un rôle décisif sur un vote éventuel. Or non seulement le discours sur l'état de l'Union suggère que le président est ouvert au débat, mais le PDG du géant pétrolier ExxonMobil avait tenu en décembre dernier des propos prudents mais inattendus sur la nécessité de s'attaquer aux émissions de gaz à effet de serre.

Parallèlement, entre l'inquiétude croissante de l'opinion sur la dépendance énergétique des Etats-Unis à l'heure où se profile un conflit avec l'Iran, et l'émergence d'une conscience écologique dans l'électorat alimentée par les médias, les républicains aussi commencent à comprendre l'intérêt de soutenir l'agenda du réchauffement climatique.

La convergence des facteurs pour l'explosion de ce que les Américains appellent un « orage parfait » a été achevée en janvier avec la création de l'US Climate Action Partnership. Dans un rapport détaillé de dix pages, ses dix membres fondateurs, parmi lesquels General Electric, DuPont et Alcoa, exigent une loi fédérale sur le plafonnement des émissions de gaz à effet de serre assortie d'un système d'échange de crédits CO2 sur le modèle européen. Ils soutiennent qu'un champ juridique nationalement unifié est plus souhaitable pour les entreprises que le patchwork des législations d'Etat. Ils ont fourni par la même occasion à Capitol Hill, toujours enclin à soutenir les intérêts du secteur privé, un alibi parfait pour plonger dans le débat avec objectif de résultat.

La possibilité d'un vote cette année est déjà évoquée. Trois projets de loi ont déjà été déposés et au moins quatre autres sont en préparation. Mais les résultats sont très incertains. Beaucoup estiment que le Congrès n'accouchera jamais que d'une action limitée et tardive, compromis politique oblige. Devant l'urgence et l'énormité des moyens à mettre en oeuvre, on entend plaider la nécessité d'un projet présidentiel de l'envergure du programme Apollo de John F. Kennedy. C'est notamment la position du gouverneur du Nouveau-Mexique, candidat démocrate aux élections présidentielles, et du gouverneur de Pennsylvanie, qui doit annoncer début mai un projet législatif anti réchauffement pour son Etat. Or même si, à moins de deux ans de la fin de son mandat, George Bush a peut-être à coeur de léguer mieux à l'histoire que le marasme du conflit en Irak, personne n'attend actuellement du Bureau ovale le programme ambitieux que la situation requiert. Ne reste plus aux Américains qu'à se choisir, l'an prochain, un leader capable de présenter et soutenir la vision qu'une partie du pays attend. Al Gore soutient qu'il ne sera pas sur les rangs.

LAETITIA MAILHES est correspondante des « Échos » à San Francisco

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La vraie nature de François Bayrou

Un article de Libé sur Bayrou, encore!

Lien permanent: http://hebdo.nouvelobs.com/p2208/articles/a334459.html

Il  pourrait être le « troisième homme »
La vraie nature de François Bayrou
 
« Il n'a de modeste que ses origines », dit un de ses anciens proches. Le candidat UDF, qui juge Ségo inepte et Sarko inapte à gouverner, a une certaine idée de lui-même. Prophète inspiré, il ne veut rien de moins que refonder la République française, comme de Gaulle en son temps. Portrait d'un homme habité qui s'attaque, avec la foi du charbonnier, à une mission quasi impossible

Contrairement à ce qui se passe au Parlement français, des amitiés se nouent assez souvent au Parlement européen entre députés de bords opposés. A cela, une raison objective. Dans le volapük européen, les parlementaires d'un même pays se sentent spontanément solidaires. Au cours de sa période strasbourgeoise, entre 1999 et 2002, François Bayrou est ainsi devenu proche de deux personnalités de gauche, Michel Rocard et Daniel Cohn-Bendit. Le premier a participé à l'université d'été de l'UDF, l'an dernier. Le second s'est répandu dans la presse, la semaine dernière, pour préconiser l'émergence d'une nouvelle majorité : socialiste, écologiste et centriste. A gauche, ils ne sont pas nombreux à déclarer les centristes fréquentables. Bayrou lui en est-il reconnaissant ? Absolument pas. «Cohn-Bendit voudrait que le centre devienne la roue de secours de la gauche comme hier il était la roue de secours de la droite. Il n'en est pas question.»
On ne comprend rien à François Bayrou si on voit seulement en lui un champion du centrisme. Centriste, il l'est par toutes ses fibres. Il ne supporte pas, par exemple, l'ode à «ceux qui se lèvent tôt » entonnée par Nicolas Sarkozy dans chacun de ses meetings. Il juge réac de stigmatiser ainsi ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ont des pannes d'oreiller. «Entre la réussite et l'échec, c'est parfois le hasard qui décide», observe-t-il. Mais il est tout aussi sévère avec les trente-cinq heures qui, selon lui, ont naufragé l'économie française. Comme ses prédécesseurs du centre, Bayrou se sent proche de la gauche sur le plan social, mais guère éloigné de la droite sur le plan économique.

Là n'est pas son originalité : ce qui l'insupporte par-dessus tout, c'est l'idée selon laquelle le centre serait par nature « mou ». Lui se veut le héraut d'un centre dur. Depuis son entrée en politique, il se bat pour que l'UDF ne soit plus «une sous-marque», du RPR hier, de l'UMP aujourd'hui. Il se dit fier d'avoir fait de l'UDF un parti «libre». Libre, au moins au niveau du discours, de toute allégeance à la droite. Ce n'est pas pour voler aujourd'hui au secours d'une gauche éclatée. Foi de Bayrou, le centre comme force d'appoint, c'est fini !
Une fois posé ce principe, un constat s'impose : le projet de Bayrou tient de la mission impossible. Il ne brigue qu'une place, la première, en s'appuyant sur un secteur de l'opinion, le centre, qui, dans toutes les démocraties, est moins large que la droite ou la gauche. Comment gagner à partir d'une rampe de lancement aussi étroite ? En 2002, un Bayrou habité, forcément habité, l'a joué moderne : la gauche, comme la droite, c'était des vieilleries, des survivances d'un monde révolu. Le centre était l'avenir de l'homme. Résultat : seuls les centro-centristes ont voté pour lui. Moins de 7% desélecteurs. Il a payé cash cet échec : de nombreux centristes que le compagnonnage avec la droite ne défrisait pas ont opté pour l'UMP. Paradoxe : le héraut du centre se comportait alors en allié objectif de la droite !
Cinq ans plus tard, Bayrou a pris de la bouteille : il a intégré qu'il valait mieux rassembler sur son nom que pour le compte de ses adversaires. Son nouveau credo : la patrie est en danger, comme à la fin de la IVe République. Ce n'est plus la décolonisation qui fait vaciller la France, mais la marée de la dette et des déficits. L'heure serait à l'union des bonnes volontés : la gauche moderne, la droite modérée et le centre devraient s'associer d'urgence pour appliquer un programme de salut public. Au diable la démagogie, les promesses intenables, le toujours plus de dépenses de la gauche archaïque, le toujours moins de recettes de la droite dogmatique. Son panache reste plus que jamais centriste, mais les électeurs de gauche et de droite qui désirent s'y rallier ne sont plus priés d'abandonner leur identité dans l'isoloir. Ils ont leur place dans cette tentative de restauration du modèle républicain.
Tout à cette quête, le candidat UDF croit être aidé par la conjoncture. «Quand on a su qu'en face ce serait Sarko et Ségo, on a sablé le champagne», confie Philippe Lapousterle, un ancien journaliste devenu «sparring partenaire» de Bayrou le temps de la campagne. Lorsqu'on prétend réunir le «cercle de raison», pour reprendre une formule d'Alain Minc, on se réjouit d'avoir comme compétiteurs des rivaux que l'on présume déraisonnables. Déraisonnables ? Dans l'esprit de Bayrou, le mot est faible : Sarko et Ségo seraient inquiétants, voire anxiogènes.
Sarkozy. Sous Edouard Balladur, Bayrou a été son allié. Sous Jacques Chirac, il l'a beaucoup ménagé. Au début du quinquennat, alors qu'il accablait Jean-Pierre Raffarin de ses sarcasmes, il prenait soin de ne pas heurter un ministre de l'Intérieur très en vogue chez les députés UDF. Jusqu'au moment où il a compris qu'ils avaient rendez-vous en 2007. Aujourd'hui, Bayrou présente Sarkozy comme un leader tellement fasciné par le modèle américain qu'il ne comprendrait rien à l'alchimie française ; comme un enfant de Pasqua animé d'un esprit claniste et capable de tous les coups tordus ; comme un adepte de l'argent roi qui se perdrait dans la fréquentation des patrons du CAC 40. Il ne voit pas comment la droite républicaine pourrait, au final, voter pour un type aussi dangereux.
Bayrou connaît moins bien Ségolène Royal. En public, il évite tout propos blessant. Mais son opinion est faite : à côté de Sarko le fric, il y a Ségo la frime et la fripe. Le PS aurait trahi son âme en cédant au piège de «la pipolisation». Impossible après le passage de Ségolène Royal à « J'ai une question à vous poser », sur TF1, - une émission qu'il affrontait lui-même ce lundi - de lui faire admettre que la candidate socialiste avait au moins fait montre ce soir-là de caractère et de savoir-faire. Pour cet agrégé de lettres, Ségo est aussi inepte que Sarko est inapte à gouverner la France : le second est inculte quand la première est cucul. Il ne voit pas comment la deuxième gauche pourrait voter pour elle.

On l'a compris : le candidat UDF a une certaine idée de lui-même. «Il n'a de modeste que ses origines», lâche en rigolant un ancien UDF rallié à l'UMP. «Bayrou croit au père Noël », a lancé Daniel Cohn-Bendit, en référence à l'espoir du candidat UDF d'être présent au second tour. Erreur : Bayrou est son propre père Nöel. Il ne croit qu'en lui-même. Prophète inspiré, il ne veut rien moins que refonder la République française, comme de Gaulle en son temps. Il lui est arrivé au long de son parcours de douter. En 1994, au moment de la grande manifestion contre la réforme de la loi Falloux, qu'il avait imprudemment initiée. En 2002, lors de l'élection présidentielle, où il a frisé la correctionnelle.
Mais en cet hiver 2007, vivant au rythme des sondages, il croit son heure arrivée. Rien ne l'affecte. Surtout pas les ralliements de parlementaires UDF, Christian Blanc et André Santini en tête, à Sarkozy. Il a traité ces transfuges de «clampins». Il existe une parenté entre François Bayrou et Dominique de Villepin. Se prenant tous les deux pour la réincarnation de De Gaulle, ils promènent sur leurs contemporains un regard empreint de commisération. Le Premier ministre divise le monde en deux catégories : lui et «les connards». Bayrou, pour sa part, se débat avec les «clampins». C'est un zeste plus affectueux, sans doute un effet de sa foi chrétienne. Dans deux mois, il espère faire taire les «clampins» : tous ceux, nombreux dans le microcosme, qui tardent à célébrer son avènement parce qu'ils ne comprennent rien à rien.
Le plus étonnant est que les « croyants » ne sont guère plus nombreux à l'UDF. Du moins, jusqu'à ce que les sondages... A l'automne dernier, bien peu de hiérarques UDF croyaient Bayrou capable d'accéder au second tour. «Un score à deux chiffres, ce serait déjà formidable», nous assurait un ami présumé. Bayrou proclame qu'il dispose autour de lui d'une dream team qui n'aurait rien à envier à celle de ses rivaux. Il aime à mettre en avant l'inventivité d'Hervé Morin, le président des députés UDF, la solidité de Michel Mercier, le patron des sénateurs UDF, le sens du terrain de Jacqueline Gourault, la sénatrice du Loir-et-Cher. En réalité, l'UDF est une mini-PME tirée par deux locomotives : Bayrou et Marielle de Sarnez, à la fois députée européenne et directrice de campagne. En 2002, elle avait laissé le titre, pas la fonction, à Gilles de Robien. Cette fois-ci, elle manage tout. Bayrou appelle dix fois par jour cette coéquipière de trente ans. Tous les soirs ou presque, ils se retrouvent pour dîner, parfois tardivement, souvent en compagnie de Philippe Lapousterle. Ensemble, ils refont le scénario qui doit immanquablement conduire Bayrou à l'Elysée. Le candidat la reconnaît presque comme son alter ego : «Elle est formidable.» D'un niveau très supérieur, il est vrai, à un Brice Hortefeux, qui tient un rôle similaire auprès de Nicolas Sarkozy. Seul bémol : «Il arrive à Marielle de se tromper.» Dieu merci, le candidat est à l'abri de ce genre de mésaventures...
Tous les présidentiables sont peu ou prou des aventuriers. Pour arriver à l'Elysée, François Mitterrand a épousé la gauche. Pour parvenir au même but, François Bayrou proclame qu'il a divorcé d'avec la droite. On n'est pas obligé d'y croire mais sa «vraie force d'être», détectée par Mitterrand, le porte chaque jour un peu plus. Assez pour bousculer tous les paramètres de l'élection présidentielle ?

Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur


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ONU, étude des évolutions climatiques aux pôles

Un article de Libération, projet de scientifiques pour étudier les évolutions climatiques. Il faut insister sur la nécessité d'une prise en charge internationale de la question du climat. Pourquoi pas un droit pénal international de l'environnement pour dissuader les pollueurs?

Lien permanent: http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/238065.FR.php

Instantané. Ecologie

Une annee d'un pôle à l'autre

Sous l'égide de l'ONU, des milliers de scientifiques réunis autour de 210 projets vont étudier l'Arctique et l'Antarctique, avec l'évolution du climat en ligne de mire.

Par Sylvestre HUET

QUOTIDIEN : jeudi 1 mars 2007

Cérémonie solennelle, ce matin au palais de la Découverte à Paris. Acteurs principaux : Thomas Rosswall, directeur exécutif du Conseil international pour la science, et Michel Jarraud, secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale, qui ouvriront l'Année polaire internationale (API), ­ qui s'étalera en fait sur deux ans ­, une initiative de l'ONU. Moyens : satellites, navires, ballons, véhicules à chenillettes... mis en oeuvre par des milliers de scientifiques de 60 pays, dans le cadre de 210 projets de recherche, dans les bases polaires et lors d'expéditions. Raisons : les pôles de la Terre, quoique déserts humains, concentrent des défis majeurs du XXIe siècle. La connaissance de notre planète. L'étude du climat et de son changement en raison des émissions de gaz à effet de serre, qui sera plus fort en Arctique qu'ailleurs, au point que la banquise pourrait disparaître durant l'été boréal avant la fin du siècle. Le destin des espèces animales et des peuples dit autochtones (au Canada, en Alaska et en Sibérie) dans une géographie bouleversée. L'extension planétaire des pollutions de l'air et des eaux qui se retrouvent jusque dans les poissons et mammifères arctiques...

Calottes polaires et courants marins en évolution

La première année polaire, en 1882-1883, fut un coup de sonde vers des mondes inexplorés. Les deux suivantes furent très «unipolaires», rappelle Gérard Jugie, le directeur de l'institut polaire Paul-Emile- Victor (IPEV). Arctique pour 1932-1933, pour des raisons techniques. Et Antarctique en 1957-1958... en raison de la guerre froide qui interdisait toute coopération au Nord. Depuis, les moyens d'études des pôles ont été bouleversés. L'observation satellitaire, les forages glaciaires, l'installation de bases permanentes ­ y compris durant le terrible hiver austral en Antarctique ­ se sont ligués pour fournir aux scientifiques des informations régulières, précises, inédites. Ils y ont découvert les relations entre climats passés et effet de serre, conservées par les glaces de l'Antarctique et du Groenland, sur les 800 000 dernières années. Ils ont élucidé les mystères comportementaux et moléculaires qui permettent aux animaux (oiseaux, mammifères, poissons, crustacés) de vivre et se reproduire en Antarctique et dans les mers glaciales. Ils ont sondé l'intérieur de la Terre par l'étude sismique, découvert les évolutions de longue durée des calottes polaires et des courants marins. «Cette année, se réjouit-il, non seulement on fait les deux pôles, mais de nombreux programmes s'intéressent simultanément aux deux, c'est le cas de 23 projets sur les 58 à participation française.»

Les 210 projets labellisés par l'API vont de la surveillance du climat au développement durable pour les populations arctiques, en passant par l'astronomie, la géophysique, l'océanographie, l'écologie, la médecine et les comportements sociaux sur les bases polaires, les tests de robots d'exploration de Mars, l'information du grand public... Mais avec un leitmotiv dominant : l'évolution du climat. Les scientifiques vont étudier son impact sur les populations humaines mais aussi sur la flore et la faune du pourtour arctique, l'évolution des grands courants océaniques, la réaction du pergélisol au réchauffement qui pourrait se traduire par le relargage d'importantes quantités de gaz à effet de serre (méthane et gaz carbonique). La mise en commun de tous les résultats de ces deux années intenses permettra d'établir une sorte d'«état zéro» des zones polaires au début du XXIe siècle qui permettra par la suite d'évaluer avec plus de précision leurs évolutions. De la science de haut niveau. Logique, car, comme le rappelle Gérard Jugie, la recherche en milieu polaire «exige des moyens exceptionnels pour faire face à l'hostilité de la nature... ce qui suppose, pour les mériter, des objectifs scientifiques de gros calibre».

Chenillettes et petits avions

L'un des projets les plus spectaculaires est la «Transantarctique», que pilote l'institut polaire Paul-Emile-Victor, qui doit relier la base Dumont- d'Urville (terre Adélie) à celle de Neumayer, de l'autre côté du continent, en passant par les bases Concordia (franco-italienne) et Vostok (russe), le «pôle d'inaccessibilité» de l'Antarctique. Ce projet réunit Français, Italiens, Japonais, Chinois, Australiens et Américains. A la différence des explorations passées, il ne s'agit pas tant de «tracer la route», que d'y opérer des études complètes ­ carottages glaciologiques, magnétisme, gravimétrie. Ce qui suppose une préparation logistique de grande envergure, le dépôt préalable de carburant sur les points de rendez-vous. Du coup, il s'agit moins d'une expédition unique que d'un ensemble de projets, étalés sur plusieurs années, les uns en chenillettes ­ le point fort de l'IPEV ­ mais aussi en petits avions, les Twin Otter, capables de se poser et de décoller de la calotte de glace.

Salué par un récent rapport parlementaire (1) qui recommande d'en augmenter les moyens, l'IPEV permet à la France de tenir un rôle de premier plan dans cette aventure. Alors que le long hiver s'installe en Antarctique, l'Astrolabe vient de quitter Dumont-d'Urville (terre Adélie), où 25 personnes seront isolées durant neuf mois. Sur la base Concordia, 1 000 km à l'intérieur du continent, à plus de 3 000 mètres d'altitude, 14 hivernants (8 Français, 6 Italiens) se préparent à affronter quatre mois de nuit continue et des températures qui frôleront les - 80 °C. Bientôt, une équipe parviendra au Spitzberg, sur la base franco-allemande de Ny Alesund, pour étudier le comportement d'un glacier côtier...

(1) Réalisé par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques. www.senat.fr/opecst/rapports. html


http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/238065.FR.php

© Libération

Posté par Etudiants de SPO à 07:22 - Environnement, énergie renouvelable - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A propos de l'Erika

Pour ceux qui traitent de l'environnement dans leur revue de presse, n'oubliez pas de parler du scandale de l'Erika. Parlez de la difficulté de juger ce genre de scandale, de trouver un responsable.

Lien permanent:

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-877035@51-865997,0.html

Les avocats du capitaine de l'"Erika" déposent un recours en nullité

LE MONDE | 28.02.07 | 08h44  •  Mis à jour le 28.02.07 | 09h19

u banc des prévenus du procès de l'Erika, une chaise reste vide : celle du capitaine Karun Mathur. Mais depuis mardi 27 février, l'homme n'est plus tout à fait absent du tribunal. Pour la première fois, dans la troisième semaine du procès, ses avocats ont fait leur apparition à l'audience.


Mes Jean-Paul Lévy et Michel Quimbert ont d'abord tenté de faire annuler les poursuites contre leur client, au motif que celui-ci n'avait pas accès à l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel dans sa langue, l'hindi, ce qui constitue selon eux une "violation des droits de la défense".

"Le procès ne débute pas pour M. Mathur au moment où M. Mathur le décide, a risposté Me Alexandre Varaut, l'avocat du conseil général de la Vendée. Il n'a pas comparu volontairement, et a décidé du moment qui lui convenait pour apparaître par l'intermédiaire de ses avocats. La loi lui permet se se faire représenter. Mais quel est le problème de langue lorsqu'on a choisi pour répondre en son nom deux avocats qui parlent parfaitement le français ?"

"Je rappelle quand même que M. Mathur est en fuite", a aussi répliqué le procureur Laurent Michel, qui a souligné qu'une traduction était prévue au cas où le capitaine se présenterait au tribunal.

"SA VIE S'EST EFFONDRÉE APRÈS LE NAUFRAGE"

Pourquoi cette absence ? Le "petit capitaine indien" n'a "pas les moyens de venir à Paris et d'y vivre pendant six mois", ont répondu ses avocats. "Celui que nous représentons n'est pas un nanti, il fait partie des damnés de la terre, a affirmé Me Lévy. Il a un emploi à terre en Inde qu'il a eu du mal à trouver, une famille."

"Du jour au lendemain, sa vie s'est effondrée après le naufrage, a poursuivi l'avocat. Alors qu'il est parti le dernier du navire, il a été jeté en prison. Il ne faut pas s'étonner qu'il ait gardé un souvenir traumatisant de cet épisode. Comment voulez-vous qu'il fasse crédit à la justice française ?"

Le recours en nullité déposé par les avocats sera tranché en même temps que le jugement final.

Gaëlle Dupont

Posté par Etudiants de SPO à 07:16 - Environnement, énergie renouvelable - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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