03 mars 2007
Le comité d'éthique réclame la transparence sur les nanosciences
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-878208@51-878004,0.html
LE MONDE | 02.03.07 | 16h36 • Mis à jour le 02.03.07 | 16h37
En rendant public son 96e avis, consacré aux "les questions éthiques posées par les nanosciences, les nanotechnologies et la santé", le Comité national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), a lancé, jeudi 1er mars, une mise en garde visant tant les responsables des principales industries concernées que les pouvoirs publics français et européens.
Le CCNE se refuse certes à "diaboliser" des recherches qui ont pour objectif "la manipulation par l'homme des constituants élémentaires et universels de la matière, atome par atome, à l'échelle du millionième de millimètre : le nanomètre". Pour autant, il observe que les industries d'ores et déjà pleinement engagées dans cette révolution technologique se bornent à évoquer les promesses attendues - sinon les miracles à venir - de cette nouvelle modification inframoléculaire de l'inerte et du vivant.
"Cette attitude est justifiée par le fait que toute forme d'interrogation sur les risques pourrait inquiéter les consommateurs, souligne Didier Sicard, président du CCNE. Mais une telle attitude appartient au passé ! Le consommateur réclame aujourd'hui des interrogations éthiques qui sont une forme, parmi d'autres, du respect des personnes."
Alors que 10 milliards de dollars ont été consacrés en 2005 au niveau mondial à la recherche et au développement dans le domaine des nanosciences, "seulement 40 millions de dollars l'ont été à des fins de recherche sur les effets secondaires éventuels", soit 0,4 %, souligne l'avis.
C'est fort de ce constat que le CCNE formule une série de recommandations. La première est d'obtenir des informations accessibles au plus grand nombre sur "la redoutable propriété ambivalente des nanosystèmes moléculaires conçus par l'homme de pouvoir traverser les barrières biologiques (celles entre sang et cerveau ou entre le foetus et la future mère), ce qui risque d'avoir (...) des conséquences majeures pour la santé".
Le CCNE estime d'autre part indispensable d'investir dans une approche de physique et de toxicologie fondamentales, de développer les outils d'une "nanométrologie" pour la détection et l'identification des nanoparticules. L'urgence est aussi de fonder les bases juridiques d'une loi européenne semblable à la directive Reach sur la toxicité environnementale.
Et le professeur Sicard de prendre date : "Nous nous devons d'être d'une vigilance extrême sur les graves conséquences pour les libertés individuelles et le respect de la dignité humaine si les capacités d'identification et d'interconnexion se développent à l'insu des personnes. Les développements éventuels à des fins militaires ne doivent pas être transférés dans la vie civile sans débat préalable respectueux des personnes."
Jean-Yves Nau
De Jean-Paul Sartre à François Bayrou
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=71317
accueil >> actualités : france >> Revue de presse - 2 mars 2007
ÉLYSÉE 2007 • De Jean-Paul Sartre à François Bayrou
La campagne électorale ressemble de plus en plus à ce qui se fait ailleurs, et notamment dans les pays anglo-saxons, estime un journal australien. Est-ce la fin d'une certaine exception française ?
L'article le plus surprenant de la semaine a été publié dans les colonnes du quotidien australien The Age. D'abord, il est intitulé "Adieu Jean-Paul, adieu", en français dans le texte. Ensuite, le Jean-Paul auquel il est fait allusion n'est autre que… Jean-Paul Sartre, vu comme le symbole d'une certaine France : rebelle, gauchiste, antiaméricaine et fumeuse invétérée de cigarettes brunes.
S'il est temps de dire adieu à Jean-Paul Sartre, explique le quotidien de Melbourne, ce n'est pas seulement parce que notre pays – à l'instar de beaucoup d'autres – a récemment interdit la cigarette dans les lieux publics, mais c'est parce que "le monde est en train de changer un pays, la France, qui se croyait seul au monde".
Ce constat est à la fois sociétal, (les Français s'habillent "international"), culturel (de plus en plus d'anglicismes se glissent dans une langue pourtant jalousement gardée par la loi et l'Académie), mais surtout politique. The Age explique en effet que la campagne électorale en cours reprend non seulement l'apparence des campagnes anglo-saxonnes mais aussi, et plus profondément, les thèmes. Ainsi, le fait de chiffrer les programmes des candidats est-il un classique en Australie et ailleurs, alors qu'il fait figure de grande nouveauté en France.
De la même façon, The Age a cru reconnaître dans les programmes des candidats les traces de ce qui a fait le succès de George Bush, Ronald Reagan ou Tony Blair. Nicolas Sarkozy, par exemple, veut massivement baisser les impôts, comme George Bush père (et fils) en son temps. Il veut faire "travailler plus" les Français et "restaurer la valeur travail", à l'américaine en somme.
Quant à Ségolène Royal, en insistant sur l'importance de la famille, elle trouve des accents qui appartiennent à la première campagne électorale de George Bush (fils). Et lorsqu'elle met en avant un certain pragmatisme (politique de la preuve) ou met au cœur de sa campagne l'éducation, le quotidien fait remarquer que Tony Blair avait joué sur ces thèmes en 2001. Autrement dit, la France "se normalise" insidieusement, pour le plus grand bonheur de The Age. Adieu donc Jean-Paul Sartre.
Au-delà de ses commentaires, il est aussi temps pour beaucoup de journaux d'opinion de prendre position. En clair, après avoir planté pour leurs lecteurs le paysage de la présidentielle française, ils expliquent maintenant… pour qui ils voteraient.
C'est le cas – notamment – du quotidien conservateur espagnol ABC. Profitant du passage de Nicolas Sarkozy par Madrid, ABC publie un long éditorial intitulé "De Blair à Sarkozy". Pourquoi ce glissement de l'un à l'autre ? Parce que, selon ABC, le Premier ministre britannique est sur le départ (il devrait être remplacé par Gordon Brown) et que la place de leader charismatique européen est donc à prendre. Pour ABC, cette place appartient à Nicolas Sarkozy, "le leader que l'Europe réclame".
Même si le quotidien madrilène reste prudent quant à l'issue de la campagne, il se prend tout de même à rêver d'une France dirigée "par le premier candidat à la présidence de la République à se démarquer de la caste politique française, tant par ses origines étrangères que par son parcours personnel". Un homme si différent "de l'aristocratique M. de Villepin et du si conventionnel Jacques Chirac". Pour ABC, Nicolas Sarkozy est "le seul capable de donner un peu d'air à l'Etat français tout en conservant l'équilibre napoléonien imposé par de Gaulle et en empêchant le pays de sombrer dans des troubles du calibre de mai 68". Rien de moins.
De l'autre côté de l'échiquier, on n'est pas non plus en reste. En Inde, le dernier-né des grands quotidiens, DNA, prend, lui, fait et cause pour Ségolène Royal. "Un frisson d'excitation parcourt l'Europe, écrit le quotidien de Bombay, à l'idée que Ségolène Royal emporte la présidentielle française." Et pas seulement parce que les deux pays les plus importants du continent seraient dirigés par des femmes, mais aussi parce que ces femmes-là ne ressemblent pas à leurs aînées.
Enfin, François Bayrou aussi commence à récolter les fruits internationaux de sa longue bataille pour crédibiliser sa candidature. Le Wall Street Journal lui consacre en effet un long éditorial intitulé "Le troisième homme". Un éditorial qui prend d'abord le temps de répondre à une question simple : Qui est cet homme ? Mais qui devrait tout de même faire rougir de plaisir le candidat de l'UDF. Il y est en effet qualifié de "modéré, intelligent et cultivé" avant de lui donner un brevet d'europhilie. "M. Bayrou est un Européen exquis qui ne rêve ni d'un 'paradis social' pour l'Europe unie, ni d'un territoire laissé entre les mains du marché, mais d'une Europe démocratique, responsable devant ses citoyens."
Bref, François Bayrou représente le juste équilibre "entre la dureté façon Sarkozy et les promesses inconsidérées de Ségolène Royal. Aussi étrange que cela puisse paraître, M. Bayrou est en train de séduire les Français de la même façon que Jean-Marie le Pen les avait séduits en 2002." Mais à la différence du candidat du Front national, "François Bayrou propose de bonnes solutions" pour la France.
Anthony Bellanger
U.S. and Brazil Seek to Promote Ethanol in West
http://www.nytimes.com/2007/03/03/business/worldbusiness/03ethanol.html?hp
By EDMUND L. ANDREWS and LARRY ROHTER
Published: March 3, 2007
WASHINGTON, March 2 — President Bush, hoping to reduce demand for oil in the Western Hemisphere, is preparing to finish an agreement with Brazil next week to promote the production and use of ethanol throughout Latin America and the Caribbean, according to administration officials.
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Lalo de Almeida
An ethanol-sugar mill in São Paulo State. Any deal that expands Brazilian output at the expense of American corn growers would draw heat.
The agreement could lead to substantial growth in the ethanol industry in Brazil as technology and manufacturing equipment developed there is exported to other countries in the region.
Much of the ethanol produced there is made from sugar cane and is far cheaper to produce than the corn-based ethanol that has been nurtured by protective tariffs and government mandates in the United States.
But the agreement has already begun to prompt complaints from politicians from corn-producing regions of the United States. They fear that the plan would lead to an increase in imports of cheap foreign ethanol and undercut American producers.
By increasing ethanol production and consumption, particularly in countries that produce sugar, officials of the Bush administration hope to reduce the region’s overall dependence on foreign oil and to take some of the pressure off oil prices.
As a side effect, American officials contend, the program could also reduce the influence of Hugo Chavez, the president of oil-rich Venezuela.
Mr. Bush is scheduled to meet in São Paulo next week with Brazil’s president, Luiz Inácio Lula da Silva.
Administration officials are hoping to complete a memorandum of understanding that calls for cooperation between the countries on research and common standards for biofuels, as well as on helping other countries replicate Brazil’s expertise in producing ethanol from sugar.
The agreement is largely a framework and provides few details, according to administration officials who have been briefed on the agreement but who spoke on condition of anonymity because it has not yet been completed.
Government officials in Brazil confirmed the agreement. Senior Brazilian government officials said the most important effect of a collaboration with the United States would be in promoting a broader international market for Brazilian ethanol technology.
Brazil and the United States account for a total of more than 70 percent of global ethanol production. The agreement is aimed at encouraging other countries, especially small and poor sugar cane producing countries in the Caribbean and Central America, to become producers.
“This is more than a document, it’s a point of convergence in the relationship that is denser and more intense than anything we’ve seen in the last 20 or 30 years,” Antonio Simões, the director of the energy division of the Foreign Ministry of Brazil, said in a telephone interview from New York. “Brazil will profit, the United States will profit, and so will third countries. It’s a win-win situation for everyone involved.”
“The good thing is that a poor country can reduce what it pays for imported oil and earn money exporting this,” Mr. Simões said. “That way they will have more money to invest in social programs, and the production of energy will be democratized in the world, with 100 countries producing energy instead of just 15 or 20.”
Eventually, the two countries hope to use their accord to spur production of renewable fuels beyond the hemisphere. Brazil is interested in encouraging sugar-cane-based ethanol production in Africa, where it has extensive trade and cultural ties, and in Asian nations like Thailand.
Brazil’s own direct exports of ethanol reached a record last year. But demand for the fuel is growing so rapidly within Brazil that the government’s immediate priority is to satisfy its domestic market.
But Brazilian business groups see commercial opportunities in supplying advanced equipment to other countries setting up their own ethanol distilleries.
“We want ethanol to become a global commodity, and for that to happen, Brazil can’t be the only producer,” said José Luiz Oliverio, vice president for operations at Dedini Industries, Brazil’s leading manufacturer of equipment for sugar cane and ethanol mills. “We’ve been growing and processing sugar for 500 years, and we are confident of our ability to maintain our leadership in this sector.”
American officials expressed a similar enthusiasm for making ethanol and ethanol-producing equipment on a huge scale. The biggest area of cooperation, they said, will be in helping countries identify and remove obstacles to building their own ethanol production capacity. Mindful of protests from domestic ethanol producers and from the powerful American farm lobby, administration officials are not expected to even hint at a reduction in American tariffs on foreign ethanol.
Nor does the administration appear ready to offer money or loan guarantees for construction of ethanol plants in other countries.
In a letter to President Bush on Thursday, Senator Charles Grassley, Republican of Iowa, said he failed to understand “why the United States would consider spending U.S. taxpayer dollars to encourage new ethanol production in other countries.”
The proposed partnership, Mr. Grassley warned, could become a backdoor way for Brazil to escape the tariff on imported ethanol that currently insulates American producers.
The United States imposes a tariff of 54 cents a gallon on imported ethanol, but Caribbean nations and countries in the Central American Free Trade Agreement are exempt from those duties if they make the ethanol from products grown in their own countries. Using Brazilian technology for refining sugar-cane-based ethanol, such countries could in time become exporters to the United States.
In addition, Caribbean nations can export a limited amount of ethanol that comes indirectly from Brazil and other countries. Under the Caribbean Basin Initiative, which has been in force for years, countries can take partly processed ethanol from a country like Brazil and carry out the last step in processing before shipping it to the United States. But the region is allowed to export that kind of ethanol only up to a limit of 7 percent of United States’ ethanol consumption.
Last year, the United States imported about 600 million gallons of ethanol, and about 200 million gallons came indirectly from Brazil through the Caribbean, according to Robert Dineen, president of the Renewable Fuels Association, a trade group that represents ethanol producers. The total imports of all kinds of ethanol amounted to slightly more than 10 percent of American consumption last year.
For the moment, American ethanol producers are watching warily but not protesting.
“I don’t believe the fundamental objective of the administration is to produce ethanol in the Caribbean for export to the United States,” Mr. Dineen said. But, he added, American companies will be watching to see if the initiative becomes “the camel’s nose under the tent.”
U.S. Predicting Steady Increase for Emissions
By ANDREW C. REVKIN
Published: March 3, 2007
The Bush administration estimates that emissions by the United States of gases that contribute to global warming will grow nearly as fast through the next decade as they did the previous decade, according to a long-delayed report being completed for the United Nations.
Comparing the Impact of Various Greenhouse Gas Policies
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The document, the United States Climate Action Report, emphasizes that the projections show progress toward a goal Mr. Bush laid out in a 2002 speech: that emissions of carbon dioxide and other greenhouse gases grow at a slower rate than the economy. Since that speech, he has repeated his commitment to lessening “greenhouse gas intensity” without imposing formal limits on the gases.
Kristen A. Hellmer, a spokeswoman for the White House on environmental matters, said on Friday, “The Climate Action Report will show that the president’s portfolio of actions addressing climate change and his unparalleled financial commitments are working.”
But when shown the report, an assortment of experts on climate trends and policy described the projected emissions as unacceptable given the rising evidence of risks from unabated global warming.
“As governor of Texas and as a candidate, the president supported mandatory limits on carbon dioxide emissions,” said David W. Conover, who directed the administration’s Climate Change Technology Program until February 2006 and is now counsel to the National Commission on Energy Policy, a nonpartisan research group that supports limits on gases. “When he announced his voluntary greenhouse-gas intensity reduction goal in 2002, he said it would be re-evaluated in light of scientific developments. The science now clearly calls for a mandatory program that establishes a price for greenhouse-gas emissions.”
According to the new report, the administration’s climate policy will result in emissions growing 11 percent in 2012 from 2002. In the previous decade, emissions grew at a rate of 11.6 percent, according to the Environmental Protection Agency.
The report also contains sections describing growing risks to water supplies, coasts and ecosystems around the United States from the anticipated temperature and precipitation changes driven by the atmospheric buildup of carbon dioxide and other heat-trapping greenhouse gases.
Drafts of the report were provided to The New York Times by a government employee at the request of a reporter. The employee did not say why this was done, but other officials involved with producing it said they have been frustrated with the slow pace of its preparation. It was due more than one year ago.
The report arrives at a moment when advocates of controls are winning new support in statehouses and Congress, not to mention Hollywood, where former Vice President Al Gore’s cautionary documentary on the subject, “An Inconvenient Truth,” just won an Academy Award. Five western governors have just announced plans to create a program to cap and then trade carbon-dioxide emissions. And on Capitol Hill, half a dozen bills have been introduced to curb emissions, with more expected.
Ms. Hellmer defended Mr. Bush’s climate policy, saying the president was committed to actions, like moderating gasoline use and researching alternative energy, that limited climate risks while also increasing the country’s energy and national security. She said Mr. Bush remained satisfied with voluntary measures to slow emissions.
Myron Ebell, who directs climate and energy policy for the Competitive Enterprise Institute, a group aligned with industries fighting curbs on greenhouse gases, said Mr. Bush was right to acknowledge the inevitability of growing emissions in a country with a growing population and economy. Mr. Ebell added that the United States was doing better at slowing emissions than many countries that had joined the Kyoto Protocol, the first binding international treaty limiting such gases.
“Since 1990, for every 1 percent increase in emissions the economy has grown about 3 percent,” Mr. Ebell said. “That’s good, and it’s better than the European Union’s performance.”
Several environmental campaigners said there was no real distinction between Mr. Bush’s target and “business as usual,” adding that such mild steps were unacceptable given recent findings by the Intergovernmental Panel on Climate Change and other research groups tying recent warming more firmly than ever to smokestack and tailpipe gases.
“If you set the hurdle one inch above the ground you can’t fail to clear it,” said David D. Doniger, the director of climate policy for the Natural Resources Defense Council, which has long criticized the administration and sought binding cuts in greenhouse gases.
The report is the fourth in a series produced periodically by countries that are parties to the 1992 Framework Convention on Climate Change, a treaty signed by the first President Bush. It is a self-generated summary of climate-related trends and actions, including inventories of emissions of carbon dioxide and other greenhouse gases, research on impacts of climate change, and policies to limit climate risks and emissions.
The last such report, completed in 2002, put the administration in something of a bind because it listed many harmful or costly projected impacts from human-caused warming. Environmental groups used those findings to press President Bush to seek mandatory caps on greenhouse gases, while foes of such restrictions criticized the findings and criticized the administration for letting them stay in the document.
While that report was approved by senior White House and State Department officials, Mr. Bush quickly distanced himself from it, saying it was “put out by the bureaucracy.”
The new report has been bogged down for nearly two years. In April 2005, the State Department published a notice in the Federal Register saying it would be released for public comment that summer.
Several government officials and scientists involved with preparing or reviewing parts of the report said that the recent departures of several senior staff members running the administration’s climate research program delayed its completion and no replacements have been named. The delays in finishing the report come even as Mr. Bush has elevated global warming higher on his list of concerns. This year, for the first time since he took office in 2001, he touched on “global climate change” in the State of the Union Message, calling it a “serious challenge.”
The draft report contains fresh projections of significant effects of human-caused warming on the environment and resources of the United States and emphasized the need to increase the country’s capacity to adapt to impending changes.
Drought, particularly, will become a persistent threat, it said: “Warmer temperatures expected with increasing concentrations of greenhouse gases are expected to exacerbate present drought risks in the United States by increasing the rate of evaporation.”
Water supplies in the Northwest and Southwest are also at risk. “Much of the water used by people in the western United States comes from snow melt,” the report said. “And a large fraction of the traditionally snow-covered areas of this region has experienced a decline in spring snow pack, especially since mid-century, despite increases in winter precipitation in many places.” Animal and plant species face risks as climate zones shift but urbanized regions prevent ecosystems from shifting as well, according to the draft report.
“Because changes in the climate system are likely to persist into the future regardless of emissions mitigation, adaptation is an essential response for future protection of climate-sensitive ecosystems,” it said.
L'agriculture française peut-elle garder son rang ?
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-878256@51-878350,0.html
Quelle carte doit jouer l'agriculture française sur le marché mondial ? La question fait débat, au moment où va s'ouvrir le Salon international de l'agriculture, samedi 3 mars, à Paris.
La concurrence des pays émergents est de plus en plus vive et grignote à la France des parts de marché, depuis la fin des années 1990. Les négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les échanges agricoles et les futurs pourparlers en Europe sur l'évolution de la politique agricole commune (PAC) obligent, en outre, à s'interroger sur l'avenir de la puissance agricole française. Notamment sur sa vocation exportatrice. La France est troisième exportateur mondial, marché européen compris, et huitième, hors exportations européennes.
Dans le cadre des négociations de libre-échange que l'OMC tente de relancer, l'organisation souhaite voir réduire les droits de douane européens et supprimer les subventions à l'exportation. Ces mesures risquent de fragiliser les agriculteurs français, notamment sur le marché européen.
L'évolution de la PAC, dont la nouvelle version, entrée en vigueur en 2006, est censée rester en place jusqu'en 2013, pourrait tout autant les affaiblir au niveau international. Les Français redoutent une révision à la baisse du budget de la PAC, jugé par certains pays colossal (autour de 50 milliards d'euros, soit plus de 40 % du budget européen).
Lors du bilan de santé de la PAC, prévu en 2008, la question ne manquera pas d'être posée, comme celle d'une réorientation des aides vers les pratiques environnementales et le développement rural. Déjà, dans les colloques, les points de vue d'experts émergent, tentant de convaincre les agriculteurs à l'évidence : il faudra réformer. "L'opinion publique n'est pas prête à payer pour que nos producteurs nourrissent les Chinois, mais l'est pour que sa propre sécurité alimentaire soit assurée", explique Lucien Bourgeois, économiste à l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture.
Pour lui, comme pour d'autres, l'avenir passe essentiellement par le marché européen, et non par l'éparpillement des forces sur les pays lointains (ou plus humblement le bassin méditerranéen, marché traditionnel des exportations françaises). L'Union européenne (UE) représente en effet le principal marché de l'agriculture française (72,5 % de ses exportations en 2006). Ce "repli" européen, en outre, pourrait être favorisé par le développement sur le marché intérieur de la production de biocarburants, un nouveau débouché pour le blé, le maïs ou encore la betterave.
MISER SUR L'INNOVATION
La réforme de l'organisation du régime sucrier européen, en 2006, va dans ce sens. D'ici 2013, l'UE devra privilégier ses importations par une diminution conséquente de la production (et donc la fermeture de sites), une ouverture des frontières et la fin des subventions à l'exportation.
Les professionnels n'imaginent pas, toutefois, tirer un trait sur le marché mondial : "Si les prix mondiaux restent élevés, nous pourrons demain exporter sans subventions. Mais, pour cela, il faut pouvoir conserver notre potentiel de production", s'alarme Alain Jeanroy, le directeur de la Confédération générale des betteraviers.
Les agriculteurs craignent par-dessus tout l'arrivée en masse, en Europe, des produits des pays émergents. "Nous avons besoin de tous les débouchés, des biocarburants comme des exportations vers les pays lointains", estime François Gâtel, directeur de France Export Céréales, un organisme de promotion des produits français.
"Quand on voit la demande agricole mondiale à venir, alimentaire et énergétique, on a des raisons d'être optimistes sur la place de l'agriculture française", relève Xavier Beulin, vice-président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) chargé des questions internationales. "Mais il y a un bémol, poursuit-il, car, au moment où s'exprime cette demande, l'Europe lâche progressivement son agriculture." L'ensemble de la profession met en avant ce "paradoxe". "Avec 9 milliards d'humains, il va falloir doubler la production mondiale pour nourrir la planète, affirme Christian Pèes, président de la coopérative Euralis et auteur de L'Arme alimentaire. Les clés de l'indépendance (Le Cherche-Midi, 231 pages, 15 euros). Le Brésil ne pourra pas tout faire et la France reste bien placée."
L'agriculture française a effectivement de beaux arguments : surfaces disponibles importantes, bons rendements, compétence technique, sols et climat avantageux qui permettent une production régulière. Et, aussi, de bonnes performances dans les produits transformés : principalement grâce à ces derniers, le solde de la balance commerciale agroalimentaire française affiche pour 2006 un excédent de 8,7 milliards d'euros, en hausse de plus de 1 milliard par rapport à 2005.
D'où un deuxième débat, qui agite le secteur : l'avenir passe-t-il par les produits bruts ou par les produits industriels, à meilleure valeur ajoutée, qui ont représenté les trois quarts des exportations en 2006 ? "Dans un pays industrialisé, aux coûts de main-d'oeuvre élevés, la vraie compétitivité réside dans les produits sophistiqués, résume M. Bourgeois. Il faut bannir de notre vocabulaire les mots "matière première"." Mais les pays émergents se sont déjà emparés du créneau. "La meunerie d'exportation a dû se restructurer parce que les pays clients se sont équipés de moulins pour fabriquer eux-mêmes la farine et ne veulent plus que du blé", raconte M. Gâtel. Le Brésil, lui, s'est taillé une spécialité dans le poulet en morceaux.
La France conserve une longueur d'avance sur les produits très transformés (yaourts, chocolats, biscuits), qu'elle va devoir préserver en misant sur l'innovation. Elle a aussi une carte à jouer avec les produits du terroir comme le fromage, le foie gras et surtout les vins et spiritueux, principal excédent commercial agroalimentaire, deux fois supérieur à celui des céréales. D'ailleurs, parmi les dix principaux clients de la France, les trois non européens sont des pays riches, Etats-Unis, Suisse et Japon.
Laetitia Clavreul
Article paru dans l'édition du 03.03.07. Offre Elections 2007 : Le Monde à -50%
En Irak, la télé de la haine, un article de Libé
Lien permanent: http://www.liberation.fr/actualite/monde/238526.FR.php (3 mars 2007)
Dans le collimateur du sniper, on assiste aux derniers instants de sa prochaine victime, un soldat américain qui patrouille dans les rues d'une localité irakienne. Lorsqu'il tombera foudroyé, on pourra lire en surimpression sur l'image où et quand il a été tué. Sans une seconde de répit, d'autres séquences, très rythmées, s'enchaînent, montrant des embuscades contre des convois de l'US Army. Images terrifiantes de brasiers, d'explosions, d'une guerre filmée en direct à ras des mitrailleuses et des mines. Une accalmie dans les violences pour découvrir les hommes d'un groupe d'Ansar al-Islam (l'un des groupes islamistes irakiens les plus radicaux, lié à Al-Qaeda), le visage masqué, qui passent en courant devant la caméra, saluant au passage avec le V de la victoire.
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Dans le nouveau paysage audiovisuel irakien, constitué d'une trentaine de chaînes, la plupart au service des factions et partis chiites ou sunnites, Al-Zawraa est la télévision de l'insurrection sunnite. Une télévision qui témoigne autant de haine à l'égard de l'occupant américain qu'à l'égard de la communauté chiite.
Sur l'écran vient d'ailleurs d'apparaître une longue file de cadavres alignés, les mains souvent liées. Certains, assassinés d'une balle dans la tête, portent des traces de tortures, victimes des escadrons de la mort liés au ministère de l'Intérieur et contrôlés par les milices chiites Al-Badr ou l'Armée du Mehdi. Par contre, on ne verra jamais la moindre victime des effroyables attentats à la voiture piégée commis par les kamikazes liés à Al-Qaeda sur les marchés chiites ou contre les écoles irakiennes.
Emetteur mobile. Al-Zawraa (l'ancien nom de Bagdad) est la chaîne de la haine la plus directe, la plus brutale, qui s'exprime sans le moindre détour, la moindre retenue. Son but est même de l'exacerber, d'attiser toutes les braises de la guerre civile, notamment par la provocation. Précisément, un prêcheur chiite, le regard fou, la bouche tordue par la colère, vient d'apparaître sur l'écran. Probablement filmé après l'attentat de février 2006 contre la mosquée de Samarra, l'un des hauts lieux saints des chiites, il invite les fidèles à se venger en tuant des sunnites.
La «voix de l'insurrection» émet 24 heures sur 24, via le satellite égyptien Nilesat. En Irak, elle est devenue l'une des télévisions les plus populaires de la communauté sunnite. Et au-delà. Ainsi, à Amman en Jordanie, bon nombre de chauffeurs de taxis palestiniens sont captivés par les images de la chaîne qui flattent leur antiaméricanisme. Jusqu'en novembre 2006, elle n'était pas clandestine. Mais le gouvernement l'a interdite pour «incitation au meurtre et au génocide à l'encontre d'une large communauté [les chiites] irakienne». Depuis, elle est devenue une télé pirate.
Amer Ibrahim, un journaliste irakien qui vit réfugié à Amman après avoir été menacé de mort à Bagdad, pense que l'émetteur est mobile, probablement porté par un camion qui circule dans les régions tenues par les insurgés. Le propriétaire, Mechaan Al-Joubouri vit, lui, confortablement à Damas où il s'est réfugié. En principe, il ne donne pas d'interviews. Mais on l'a vu souvent débattre sur des chaînes arabes, notamment Al-Jezira, où il n'hésite pas à injurier ses contradicteurs.
Machine de guerre. Etrange personnage, connu au-delà de l'Irak pour avoir été proche de Saddam Hussein et de son fils Oudaï, avec lesquels il a fait des affaires, notamment de la contrebande de cigarettes. Une brouille avec Oudaï on dit à Amman qu'il a détourné son argent l'oblige à prendre la fuite. Mechaan Al-Joubouri revient après la chute du régime, crée un parti le Front arabe sunnite de réconciliation et de libération , se fait élire à deux reprises député de Mossoul. En même temps, il crée Al-Zawraa. «A l'époque, c'est une chaîne légère, avec surtout des danses, des chansons, de la variété», se souvient Amer Ibrahim. Mais viennent les problèmes, à cause d'une commission d'enquête parlementaire sur la corruption. Cette dernière étant contrôlée par des chiites, le député sunnite est vite sur la sellette.
On lui reproche d'avoir escroqué les Américains qui lui avaient confié l'organisation d'une police privée pour protéger un pipeline dans la province de Salaheddin. Il avait alors encaissé les salaires de milliers d'hommes qui n'ont existé que sur le papier. C'est probablement avec les dollars américains que la chaîne a été créée, et c'est pour se venger des poursuites menées contre lui qu'il transforme la chaîne de divertissement en une véritable machine de guerre au profit de l'insurrection. Les clips musicaux se muent en clips de terreur, alimentés par les vidéos que l'on trouve, pour moins d'un demi-dollar pièce, sur les marchés de Bagdad. Les «informations», données par deux présentateurs une femme voilée et un jeune homme en battle-dress , vont dans le même sens que les images. Les chiites y sont notamment accusés de trahir le pays au profit de Téhéran, et même d'édifier un front iranien en Irak.
Diffusion interrompue. Bien sûr, Washington et Bagdad, outragés du contenu de la chaîne, ont tout fait pour la pister et la détruire. Ils n'ont pas manqué non plus d'intervenir auprès du Caire pour obtenir que le contrat qui la lie à Nilesat soit rompu. Pas facile puisque l'Egypte, comme nombre de pays arabes sunnites, s'inquiète de la prise du pouvoir en Irak par les chiites.
Cependant, la diffusion de Al-Zawraa a été interrompue pendant quelques semaines l'an dernier avant de reprendre, curieusement, après une visite de Mechaan Al-Joubouri en Libye, où il aurait rencontré Kadhafi. Mais, de nouveau depuis quelques jours, on ne parvient plus à la capter. Le quotidien égyptien Al-Jumhuriyah affirme que la chaîne a été fermée à cause «des interférences et des brouillages» qu'elle provoquait sur les autres chaînes. L'argument fait sourire. Sans doute Washington est-il parvenu à ses fins. Mais, à Amman, personne n'exclut pour autant de voir Al-Zawraa réapparaître bientôt.
Pour l'année polaire internationale, le Canada se prépare à accueillir des chercheurs étrangers
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Interrogez vous sur la symbolique de l'évènement et sur les limites de ce genre d'actions face à des pollueurs à grande échelle.
Pour l'Année polaire internationale, le Canada se prépare à accueillir des chercheurs étrangers
LE MONDE | 02.03.07 | 16h27 • Mis à jour le 02.03.07 | 16h27
OTTAWA (Canada) CORRESPONDANCE
près le lancement à Paris de l'Année polaire internationale, le gouvernement canadien a annoncé, jeudi 1er mars, le financement de 44 projets de science et de recherche en Arctique d'ici à mars 2009. Le ministre des affaires indiennes et du développement du Nord, Jim Prentice, a rappelé à cette occasion que "près de 25 % de l'Arctique se trouvent à l'intérieur des frontières du Canada" et qu'il serait "un centre majeur d'activités" pour la présente Année polaire.
"A titre de pays polaire hôte, le Canada veillera à la mise en place des installations et services de base pour prendre en charge l'afflux de chercheurs dans le Nord", lit-on dans un document officiel. Le problème, au dire de certains chercheurs, c'est que les préparatifs sont plutôt en retard. "D'au moins un an", dit l'un d'eux, soulignant entre autres que "la grande lacune, c'est qu'on a très peu d'informations pour l'instant sur la venue de scientifiques étrangers".
L'organisation et la coordination prendront, du coup, encore bien du temps. De nombreux intervenants sont concernés, des organismes inuits à consulter aux militaires chargés d'éventuelles opérations de sauvetage, en passant par les services météo, la garde côtière ou les ministères de différents territoires et provinces.
"On ne sera pas fixé avant quelques semaines, avoue Mme Fischer, sur tout ce que cela implique comme organisation logistique concrète, y compris pour la délivrance de permis." Dans le Nord canadien, par exemple, les communautés inuites ont un droit de regard sur les recherches scientifiques qui se font sur leurs territoires, via un processus de consultations et de permis qui prend un à trois mois. "Pour un gros projet en Arctique, note Martin Fortier, directeur exécutif d'ArcticNet, il faut compter plusieurs mois de préparation. Certains étrangers ne sont peut-être pas conscients de la complexité des démarches à entreprendre pour obtenir des permis scientifiques, consulter les communautés, vérifier les impacts environnementaux..."
Pour accélérer la préparation logistique, des fonctionnaires canadiens se rendent dès la semaine prochaine à Iqaluit (Nunavut) et Inuvik (Territoires du Nord-Ouest). Ils discuteront des projets connus et des besoins des chercheurs en logement, équipements ou transport avec gouvernements et organisations locales.
Le planificateur des opérations arctiques de la garde côtière, Jean Ouellet, sait déjà que "quatre de nos six brise-glace accueilleront des expéditions canadiennes, avec chercheurs étrangers, en 2007 et 2008". Même chose sur le NGCC Amundsen, brise-glace de la garde côtière reconverti en navire scientifique pour ArcticNet, qui passera 15 mois en continu en Arctique. Il accueillera le "projet-amiral" canadien de l'API, dirigé par David Barber, de l'université du Manitoba (avec des dizaines de Canadiens, Russes, Allemands, Français, Japonais et Américains), pour étudier l'incidence des changements climatiques sur l'écosystème marin, les flux de carbone et les gaz à effet de serre dans le "chenal de séparation circumpolaire", zone où les eaux restent libres l'hiver.
L'autre grand projet canadien à bord de ce navire, mené par Grace Egeland, de l'Université McGill, sera d'y installer une "clinique médicale flottante" pour évaluer l'état de santé et former des Inuits dans les communautés du Nunavut, de l'Inuvialuit (Arctique de l'Ouest) et du Nunatsiavut (Labrador).
Tout déplacement en Arctique implique une logistique importante. Ottawa a dégagé 150 millions de dollars sur six ans pour financer des projets portant le label API dans deux domaines prioritaires : les impacts des changements climatiques et l'adaptation à ces changements ; la santé et le bien-être des populations nordiques. Plus de 10 % de ces fonds iront à l'organisation générale nécessaire pour mener à bien les projets canadiens ou étrangers.
Anne Pélouas
Article paru dans l'édition du 03.03.07
La situation des chercheurs en France
Si vous traitez de thèmes comme la bioéthique, la PMA ou l'eugénisme, n'oubliez pas de parler de la recherche en France, de sa situation financière bancale. La recherche est en mal de financement. Sera-t'elle la grande oubliée de cette campagne électorale?
Vous pouvez également parler de la "fuite des cerveaux" vers des pays qui rémunèrent mieux leurs chercheurs.
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De jeunes chercheurs sont touchés par la fin des "libéralités"
LE MONDE | 02.03.07 | 15h30 • Mis à jour le 02.03.07 | 15h30
endant des années, des milliers de jeunes chercheurs ont été employés dans les laboratoires publics français via des modalités que l'Urssaf a fini par assimiler à du "travail non déclaré". Au 1er janvier 2007, selon une circulaire ministérielle, ces postdoctorants, rémunérés par voie de "libéralités" par des associations caritatives ou des fondations, auraient dû voir leur emploi reconverti en contrat à durée déterminée (CDD). Le ministère estime qu'ils sont pourtant encore "environ un millier" à être rémunérés hors la loi.
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Les laboratoires et les mécènes se trouvent dans une situation délicate : le maintien des libéralités est illégal, mais leur conversion en CDD s'accompagne d'un important surcoût lié aux charges. "Faute d'avoir anticipé budgétairement la transformation de leurs libéralités en contrats de travail, affirme la Confédération des jeunes chercheurs (CJC) dans un communiqué du 26 février, certaines (associations caritatives) n'ont pas hésité à interrompre des versements et à annoncer la diminution des rémunérations."
Certains mécènes ont anticipé le surcoût lié à ce changement de statut en débloquant une enveloppe budgétaire exceptionnelle ou en réduisant le nombre de chercheurs subventionnés pour 2007. L'Association pour la recherche contre le cancer (ARC) a ainsi augmenté de 3,9 millions d'euros son budget 2007 pour faire face.
VERSEMENTS INTERROMPUS
Dans d'autres cas, la situation est plus problématique. Emeline Assémat, 28 ans, postdoctorante à l'Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy, percevait par exemple une libéralité de 1 500 euros par mois, versée par la Ligue nationale contre le cancer. Ces versements ont été interrompus le 1er janvier, alors que des négociations étaient en cours entre les laboratoires, les financeurs et l'Etat, pour savoir qui assumerait la surcharge financière. Au ministère de la recherche, on précise que l'Etat a déjà consenti un effort important depuis 2004, en prenant en charge tout ou partie du surcoût lié à la conversion en CDD des doctorants payés par libéralités. Ce dispositif est prévu jusqu'en 2008. Sa reconduite devra être discutée.
Mais l'Etat n'entend pas procéder de la sorte avec les postdoctorants. Les associations financeront moins de chercheurs, dit-on en substance Rue Descartes, mais la possibilité de recruter des contractuels, notamment via la nouvelle Agence nationale de la recherche (ANR), compensera ce manque. Pour Serge Braun, directeur scientifique de l'Association française contre les myopathies (AFM), cela induira des changements profonds dans le paysage scientifique. "Nous finançons des projets liés aux maladies rares, ce qui n'est pas au centre des préoccupations de l'ANR", note-t-il.
Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 03.03.07
