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08 mars 2007

Des soignants favorables à l'euthanasie

Si vous traitez du sujet, allez-voir l'édition en ligne du Nouvel Obs, beaucoup plus complète sur la question!

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Des soignants favorables à l'euthanasie

L'appel à la dépénalisation a déjà recueilli plus de 2 000 signatures.

Par Julie LASTERADE

QUOTIDIEN : jeudi 8 mars 2007

 

«N ous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence.» Hier soir, ils étaient plus de 2 000 soignants, médecins ou infirmiers à avoir signé cet appel en faveur de l'euthanasie. Dans quelques jours, Laurence Tramois et Chantal Chanel, médecin et infirmière, seront jugées aux assises de Dordogne (Périgueux) pour avoir donné la mort en 2003 à une femme en phase terminale d'un cancer. «Tous les soignants ne sont pas confrontés à ce drame, révèle le manifeste mis en ligne hier sur le site du Nouvel Observateur, mais la majorité de ceux qui assistent [...] leurs patients jusqu'à la mort utilisent [...] des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle.»

Les signataires demandent «l'arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l'encontre des soignants mis en accusation, une révision de la loi dans les plus brefs délais dépénalisant sous conditions les pratiques d'euthanasie», à l'image de ce qu'ont déjà mis en place la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas. Ils exigent aussi «des moyens adaptés permettant d'accompagner les patients en fin de vie quels que soient les lieux et les conditions de vie». Selon eux, les améliorations apportées par la loi Leonetti de 2005, sur le droit des malades à mourir dans la dignité, sont insuffisantes puisque celle-ci est toujours aussi «répressive et injuste» envers les soignants qui «aident leurs patients à mourir». Fadek Beloucif, anesthésiste-réanimateur, qui a participé à un avis du Comité consultatif national d'éthique sur «la fin de vie, l'arrêt de vie et l'euthanasie», tempère : «La loi Leonetti est l'une des deux seules lois votée au XXe siècle à l'unanimité. Elle règle les choses de manière humaine.» Elle distingue quatre cas : selon que l'on est conscient ou pas, et en fin de vie ou pas. Et offre une solution à toutes les situations «pour les patients qui souffrent», continue Beloucif. Abréger les souffrances en attendant la mort ou accélérer le décès ? «C'est une question sociale, note-t-il. Le droit au suicide assisté n'est pas un acte médical, ce n'est pas un boulot de docteur.»

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L'agriculture va devoir accélérer son adaptation au réchauffement

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Compte rendu

L'agriculture va devoir accélérer son adaptation au réchauffement

LE MONDE | 07.03.07 | 15h54  •  Mis à jour le 07.03.07 | 15h55

lors que la recherche agronomique sur le réchauffement de la planète était auparavant axée sur la fin du XXIe siècle, les récents épisodes climatiques (canicules et sécheresses, automne et hiver doux) imposent une adaptation de l'agriculture dans les plus brefs délais. Tel est l'avis de l'Institut national pour la recherche agronomique (INRA), qui a organisé, mardi 6 mars, au Salon international de l'agriculture, un colloque intitulé "Changements climatiques et agriculture, questions à la recherche". L'occasion de faire connaître les travaux de ses chercheurs sur l'impact, pour les cultures, de l'élévation des températures, de l'augmentation de leur variabilité et du doublement des concentrations de CO2 dans l'atmosphère.


Pour l'INRA, il faut dès à présent déterminer quelles cultures seront commercialisées à l'avenir et, pour les végétaux à durée de vie longue, comme la vigne ou les arbres, lesquelles seront toujours pérennes dans quarante ans.

Des impacts négatifs mais aussi positifs sur les cultures sont déjà constatés ou envisagés. La forêt, par exemple, verrait sa "production" croître dans les prochaines décennies en raison de la plus grande quantité de CO2 disponible, avant de régresser à cause des sécheresses.

Le changement climatique aura des effets sur la valeur alimentaire de l'herbe - la teneur en protéines sera réduite -, ainsi que sur la production fourragère et sa répartition saisonnière.

Le décalage des cycles biologiques (de dix à quinze jours sur vingt ans) est déjà visible. Il se traduit par des semis de cultures et des floraisons d'arbres fruitiers plus précoces, ainsi que des moissons ou des vendanges avancées. Sur le vin, on constate une augmentation de la teneur en sucre, et donc du degré d'alcool.

Les adaptations à prévoir seront, selon l'INRA, de deux ordres. Certaines viendront de la nature. Des cultures voient déjà leur aire géographique s'élever en altitude, comme les légumineuses fourragères, ou s'étendre vers le nord, comme la vigne ou le maïs, grain qu'on cultive désormais en Lorraine.

Les autres adaptations viendront de l'homme. Selon l'INRA, les agriculteurs reverront leur calendrier de culture, et, grand changement, l'adapteront chaque année aux besoins des plantes. IIs pourront, par exemple, favoriser les prairies à biodiversité plus élevée, ce qui constituera une assurance contre la variabilité du climat. Ils pourront aussi utiliser des cultures résistant à la sécheresse et économes en eau, en substituant par exemple au ray-grass anglais des graminées comme la fétuque élevée ou le dactyle, et au maïs fourrager le sorgho.

"L'adaptation au manque d'eau sera difficile. Il faudra se résoudre à l'abandon de certaines cultures", prévoit Nadine Bresson, de l'INRA Avignon, pour laquelle il faut aussi s'intéresser au développement des organismes pathogènes et aux modifications sur le goût qu'engendrera le réchauffement.

L'élévation des températures induit un temps plus court entre semis et récoltes, ainsi que des rendements réduits. L'un des défis majeurs pour la recherche agronomique est de proposer des génotypes qui s'adapteront à ces nouvelles données, en allant par exemple chercher du côté des plantes anciennes ou tropicales. Dans la plupart des espèces, explique François Tardieu, de l'INRA Montpellier, il existe des ressources génétiques permettant de rallonger le cycle cultural. Pour le chercheur, le travail sur la résistance à la sécheresse est plus complexe. "On n'obtiendra jamais de plantes capables de produire des rendements élevés en conditions semi-désertiques", prévient-il. Même avec des OGM.

Pour la présidente de l'INRA, Marion Guillou, le défi pour la recherche publique est de taille : "Nous devons proposer de nouveaux modèles de production, pour une agriculture écologique et intensive", conclut-elle, rappelant que les besoins alimentaires et énergétiques sont tous deux croissants.


Laetitia Clavreul


Les changements climatiques

D'ici à la fin du siècle, les cultures seront soumises à plusieurs effets du réchauffement climatique :

La teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone (CO2) pourrait doubler, agissant sur l'activité de photosynthèse (production accrue).

La température moyenne pourrait augmenter entre 1,8o C et 4o C.

La répartition saisonnière des pluies devrait être modifiée en France métropolitaine, accroissant notamment les sécheresses estivales sur la moitié méridionale du pays.

La fréquence et l'intensité des événements climatiques extrêmes, comme la canicule, la sécheresse ou les tempêtes, devraient augmenter.

Posté par Etudiants de SPO à 07:15 - Environnement, énergie renouvelable - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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