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11 mars 2007

L'extrême centre de Bayrou commence à agacer

Un bon exemple de revue de presse que cet article du Courrier International qui synthétise les différents points de vue sur François Bayrou parus dans la presse étrangère.

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Courrier international - 9 mars 2007

Revue de presse
ÉLYSÉE 2007 - L'extrême centre de Bayrou commence à agacer
L'envolée de François Bayrou dans les sondages a réveillé les commentateurs étrangers. Ils commencent à trouver au "gentil garçon" des débuts quelques défauts.
Après s'être rendu compte de l'existence du leader centriste, les quotidiens internationaux s'essaient maintenant à l'analyse politique sur le "troisième homme" de la campagne. Et (enfin ?) les premiers articles qui tentent la critique du personnage apparaissent. Le premier à tirer est peut-être le moins attendu. The Economist commence par expliquer qu'en France "les électeurs ont le don d'humilier les favoris et d'exalter les outsiders. Le fait est que la présidentielle se joue en deux tours et que, donc, les surprises sont toujours possibles. En 2002, la surprise avait été désagréable. Cette fois-ci, elle pourrait venir d'un homme politique connu en France pour être un gentil garçon." Quant au programme du candidat, The Economist remarque avec un certain scepticisme que "la grande idée de M. Bayrou est de réunir droite et gauche" et égraine les contradictions de ce grand écart : "M. Bayrou est un catholique pratiquant plutôt libéral sur des sujets comme le mariage gay." Et l'hebdomadaire relève même des "accents populistes" dans certaines de ses propositions : "Alors que les travailleurs français sont fâchés avec la mondialisation, M. Bayrou a rejoint les rangs de ceux qui accusent la Chine de sous-évaluer sa monnaie. M. Bayrou a ainsi expliqué que le yuan est sous-évalué de 400 % et veut accentuer la pression sur Pékin. Pense-t-il sérieusement que la Chine réévaluera assez sa monnaie pour permettre aux industriels européens de redevenir compétitif en termes de coûts ? La question mérite en tout cas d'être posée, rétorque-t-il."

The Independent aussi s'est fendu d'un article assassin sur le candidat de l'UDF. Pour John Lichfield, "la lubie Bayrou est une autre façon d'éviter le changement, pas de le provoquer". "Après les culs-de-sac de l'extrême gauche et de l'extrême droite, la France est maintenant tentée par le cul-de-sac de l'extrême centre. […] M. Bayrou a une ou deux idées assez raisonnables sur la dette nationale ou les charges liées à la sécurité sociale tueuses d'emplois. Il a quelques idées antédiluviennes et corporatistes sur l'agriculture et l'éducation. Il n'a pas la base politique nécessaire pour opérer les changements économiques et sociaux dont la France a besoin et qu'elle réclame. Son parti, l'UDF – les restes de la coalition antigaulliste de droite et du centre fondée par Valéry Giscard d'Estaing – manque d'argent. Enfin, ce parti est trop petit et désorganisé pour lui donner la majorité parlementaire lors des élections législatives de juin."
Même le quotidien espagnol ABC est agacé par l'envolée du candidat Bayrou. Ne serait-ce que parce qu'il "peut représenter une véritable menace pour Nicolas Sarkozy. François Bayrou se présente comme un centriste mais défend en réalité l'héritage de Jacques Chirac. Un héritage fondé sur une conception politique particulière baptisée le 'ninisme' par les politologues français : à savoir un hypothétique point médian qui ne permet pas d'affirmer s'il s'agit de socialisme ou de libéralisme. Mais pour ceux qui ont découvert qu'ils ne pouvaient pas voter pour une candidate aussi creuse que la socialiste, Bayrou peut représenter un choix plus présentable au sein du front anti-Sarkozy."

Sur le même thème – d'un Bayrou qui se nourrit de la faiblesse des autres – Der Standard, en Autriche, rappelle tout de même "qu'il est loin d'avoir gagné. Il s'est attiré les bonnes grâces des Français dans les derniers sondages parce que ces derniers entendent bien montrer qu'ils veulent être les seuls à décider qui sera le prochain occupant de l'Elysée". En clair, ils ne veulent plus qu'on leur serine qu'un duel Sarko-Ségo est inévitable. "Ces entêtés de Français ont donc le même réflexe qu'en 2002, lorsqu'ils ont fait sensation en portant l'extrémiste de droite Jean-Marie Le Pen au second tour - parce qu'ils ne voulaient pas d'un duel Chirac-Jospin. On est alors en droit de se demander si tout cela ne va profiter à un quatrième homme. Se pourrait-il que Nicolas Sarkozy et François Bayrou se neutralisent au point que Le Pen arrive au second tour fin avril ? Lorsque les autres candidats ne tiennent pas compte du peuple, le candidat du Front national en ressort toujours renforcé."
Anthony Bellanger

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L'Afrique piégée par son reflet dans le miroir du nord

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L’Afrique piégée par son reflet dans le miroir du Nord

L’Afrique au-delà du miroir

par Boubacar Boris Diop, Éditions Philippe Rey, 2007, 216 pages, 17 euros.

Le cinéma africain existe-t-il ? Presque totalement contrôlés par des intérêts étrangers, les films « conçus pour être projetés dans des festivals occidentaux ne sont presque jamais vus à Yaoundé ou à Libreville. (...) Dans certains cas, on peut parler d’une confiscation de l’imaginaire, puisque le réalisateur, progressivement dépossédé de son scénario initial, a fini par devenir un simple alibi... ».Un demi-siècle après l’époque des indépendances piégées, l’Afrique est-elle condamnée à se percevoir uniquement à travers un reflet renvoyé par le miroir du Nord à l’intention des pays du Sud ? Boubacar Boris Diop, réunissant ici divers articles, décrypte la formidable accélération d’une dérive stimulée par la mondialisation depuis l’implosion de l’URSS. Dans un monde de plus en plus unipolaire, le regard dominant s’impose à tous, y compris à ceux qui en sont les victimes. L’écrivain africain, pour être reconnu chez lui, doit d’abord s’être fait admettre dans une ancienne métropole coloniale. Le public occidental précède et conditionne l’émergence du public africain. Bien évidemment les règles de la création littéraire s’en trouvent faussées, l’auteur finissant par ne plus savoir à qui il s’adresse en priorité. Les « points de repère » apportés naguère par les romanciers Mongo Beti et Sembène Ousmane ou l’universitaire Cheikh Anta Diop, ainsi que « ceux qui nous invitent à ne pas écrire couchés », se sont-ils volatilisés sous le poids des lieux communs de la « négrophobie triomphante » ? Et dont la forme extrême lui semble saillir dans le discours « ethniste » périodiquement diffusé à propos du génocide rwandais. Dans la première partie de l’ouvrage, l’auteur clame son indignation devant cette forme de négationnisme destinée notamment à occulter les complaisances gouvernementales françaises envers le système d’apartheid mis en place par la colonisation belge, repris à leur compte par les deux présidences rwandaises suivantes et que tenta de préserver jusqu’au dernier moment certaine opération Turquoise (ayant permis l’exfiltration des dirigeants et forces génocidaires). Cette colère lui tient à coeur : en 2000, l’auteur avait déjà publié Murambi, le livre des ossements (Stock), roman dont l’intitulé évoque un haut lieu du martyrologe tutsi.

Jean Chatain

Article paru dans l'édition du 10 mars 2007.

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Corinne Lepage se rallie à Bayrou

Elle affirme qu'elle avait la capacité de réunir les 500 signatures mais que sa décision "peut permettre à l'écologie politique d'occuper la place qui lui revient".

Par Liberation.fr / Reuters

LIBERATION.FR : dimanche 11 mars 2007

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement et candidate du mouvement CAP 21 à l'élection présidentielle, annonce son ralliement à François Bayrou.

"J'ai décidé de rejoindre François Bayrou, malgré ma capacité à obtenir les 500 signatures", dit-elle dans un entretien accordé au Journal du Dimanche.

"En effet, il incarne aujourd'hui un véritable changement dans le pays, qui peut permettre à l'écologie politique d'occuper la place qui lui revient, c'est-à-dire au centre de l'échiquier", ajoute cette avocate de formation qui servit dans le gouvernement d'Alain Juppé au début du septennat de Jacques Chirac en 1995, au nombre de ce qu'on appela les "Juppettes".

Elle dit partager avec le candidat de l'UDF, qui prône la fin du clivage droite-gauche "de nombreuses idées, tant sur la moralisation de la vie publique que sur la nécessité de fonder une VIe République".

Elle souligne que CAP 21, à l'origine un club de réflexion fondé en 1996, ne fusionnera pas avec l'UDF et qu'en tant que "femme libre" elle gardera sa liberté de parole.

Corinne Lepage avait recueilli 1,88% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle en 2002. Les sondages d'opinion la créditaient cette fois d'à peine 1%.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/240112.FR.php

© Libération

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George Bush veut envoyer de nouveaux renforts en Irak et en Afghanistan

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George Bush veut envoyer de nouveaux renforts en Irak et en Afghanistan

LEMONDE.FR | 11.03.07 | 16h59  •  Mis à jour le 11.03.07 | 16h59

eorge W. Bush a demandé au Congrès, samedi 10 mars, 3,2 milliards de dollars pour financer l'envoi de 8 200 soldats supplémentaires en Irak et en Afghanistan. Le président américain souhaite voir réaffecter des fonds considérés comme mineurs – destinés par exemple à l'éducation ou au commerce – pour financer l'envoi de 4 700 soldats en Irak (en plus des 21 500 prévus dans le plan dévoilé en janvier) et 3 500 en Afghanistan. En Irak, ces troupes seraient destinées à intervenir dans le cadre du plan de sécurisation de Bagdad : 2 400 seraient affectées à la sécurité sur le terrain, 2 200 à la police militaire, et 129 à la reconstruction.

Dans une lettre adressée à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, M. Bush lui demande "d'annuler 3,2 milliards de financements pour des programmes fédéraux de moindre importance et de fonds excédentaires" et "de faire coïncider les ressources avec l'évaluation faite pour les autorités militaires pour réussir à faire de l'Irak et de l'Afghanistan des nations sûres et démocratiques, libérées du terrorisme". Ces 3,2 milliards de dollars accompagnberaient la demande de collectif budgétaire de 100 milliards de dollars soumise par M. Bush au Congrès pour financer les opérations en Irak et en Afghanistan pour l'année en cours.

La décision du président américain, dévoilée lors de sa visite en Uruguay, intervient alors que les démocrates ont présenté jeudi deux plans concrets largement similaires, exigeant l'achèvement du retrait des troupes de combat au plus tard au 2008. Plans auxquels la Maison Blanche a riposté en brandissant la menace de veto.

"Avec sa menace de veto, a déclaré Nancy Pelosi samedi, le président (...) ignore dangereusement les mises en garde répétées des dirigeants militaires, y compris celle formulée par le commandant en Irak, le général Petraeus, qui a déclaré à Bagdad cette semaine que le conflit ne peut avoir une issue militaire."


Le Monde.fr

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Mourir le moins mal possible

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EDOUARD FERRAND, ANESTHESISTE-REANIMATEUR A L'HOPITAL HENRI MONDOR, MEMBRE DE PLUSIEURS COMMISSIONS D'ETHIQUE MEDICALE

Mourir le moins mal possible

LE MONDE | 10.03.07 | 12h56  •  Mis à jour le 10.03.07 | 13h49

ous avez conduit plusieurs études sur la fin de vie en milieu hospitalier. Au moment où la question de l'euthanasie resurgit dans la campagne électorale, comment percevez-vous ce sujet ?

L'euthanasie est une mauvaise réponse à un vrai problème. Toutes les études montrent que les gens meurent très mal à l'hôpital. La question de l'euthanasie est différente. Elle relève d'un débat de société sans doute nécessaire, mais les demandes de mettre fin à la vie représentent un nombre très faible de patients. Les expériences des Pays-Bas et de la Belgique montrent que cela concerne environ 2 % des décès. Même si la législation sur l'euthanasie évoluait en France, où l'on compte 500 000 décès par an, cela ne résoudrait pas le problème de l'absence de qualité de la fin de vie.

Vous dites "on meurt mal". Qu'est-ce que cela signifie ?

L'étude MAHO (pour "Mort à l'hôpital") a montré que 80 % des malades qui mouraient avaient des symptômes d'étouffement et ne bénéficiaient pas d'analgésie ou de sédation. Les trois quarts des malades meurent seuls, sans leur famille, accompagnés d'un soignant, alors que le décès était prévisible.

Est-ce que la loi Leonetti d'avril 2005 relative à la fin de vie a changé quelque chose ?

Deux ans après son adoption, cette loi est loin d'être appliquée comme elle le devrait, alors même qu'elle constitue un bon cadre. Elle permet de lutter contre l'acharnement thérapeutique en instaurant la collégialité, afin de prendre la moins mauvaise décision. Mais il y a un fossé majeur entre le cadre légal sur le droit des patients, le respect de leur dignité, et ce qui se passe dans la réalité.

Nous constatons qu'il y a encore des fins de vie qui sont accélérées ou des actes qui ne correspondent pas à ce qui a été défini comme de bonnes pratiques. La législation prévoit notamment la possibilité pour le patient de désigner un tiers de confiance, mais cela n'est pratiquement pas fait. La seule disposition réellement traduite dans les faits est la rédaction de directives anticipées (testament de vie du patient). Les améliorations sont dues à l'évolution des mentalités, davantage qu'à l'application stricto sensu de la loi. La loi Leonetti donne plus de sécurité médico-légale aux médecins pour prendre une décision.

La loi Leonetti a-t-elle modifié la pratique des soignants ?

Elle a formalisé le processus décisionnel de fin de vie. L'étude Latarea 2, dont nous présenterons prochainement les résultats, montre que les soignants se réunissent plus souvent et que, dans un tiers des cas, il s'agit pour eux de continuer un projet thérapeutique. La loi prévoit à juste titre que les familles doivent être consultées. Elle a surtout ajouté l'idée de la traçabilité dans le dossier médical de toutes les décisions. On ne fait pas ce que l'on ne peut pas écrire. C'est un garde-fou.

Quelles difficultés voyez-vous dans l'application de la loi à l'hôpital ?

Les décisions sont encore prises trop rapidement, sans suivre la procédure collégiale. C'est difficile de raisonner de façon rigoureuse en fin de parcours alors même qu'auparavant la communication et l'information ont manqué. Les soignants ne sont pas formés, la démarche palliative des médecins n'est pas valorisée. Au contraire ce qui est valorisé, c'est le volume d'actes curatifs, et le nouveau système de tarification à l'activité a renforcé ce phénomène. On ne se donne pas vraiment les moyens de développer le droit du patient à l'hôpital. Cela ne pousse pas les soignants à se poser la question de savoir jusqu'où ils doivent poursuivre les soins, ce qui se traduit par un acharnement thérapeutique trop fréquent.

Quelle est la réalité de cet acharnement thérapeutique ?

Des interventions chirurgicales sont encore pratiquées alors que le patient n'avait aucune chance de guérison. Le patient est sous support vital artificiel, il va mal mourir sans que la famille soit présente. Les soignants se retrouvent à traiter complication sur complication. Pourtant, l'acharnement thérapeutique est toujours de bonne foi.

Comme l'expliquez-vous ?

L'acharnement thérapeutique est dû à un manque de traçabilité. La démarche palliative est, par définition, une limitation des gestes et des actes. Or, comme cette démarche n'est pas valorisée, il n'y a aucun intérêt, même économique, à la développer. Il faudrait accorder une valorisation au projet thérapeutique, qu'il soit curatif ou palliatif, et non au seul acte. L'acharnement thérapeutique, c'est allonger la durée de séjour, les souffrances du malade, c'est inhumain. Sur le plan économique, l'acharnement thérapeutique est une ruine. Dire que les gens meurent mal ne renvoie pas à la question du droit à l'euthanasie, mais à la nécessité d'améliorer et d'évaluer la prise en charge de la fin de vie.

Le dernier rapport de la Cour des comptes a pointé des disparités géographiques dans l'accès aux soins palliatifs

...

Il n'y aura jamais assez de lits si l'on considère que les malades doivent tous mourir en unité de soins palliatifs. Il faut que la démarche palliative, la culture du projet thérapeutique, irrigue tous les services et la médecine de ville. Quand on a voulu lutter contre les infections nosocomiales on a mis en place des structures transversales qui ont permis de diffuser cette nouvelle culture. Il faudrait s'inspirer de cette démarche pour lutter contre l'acharnement thérapeutique. Cela ne doit pas rester une affaire d'experts ou d'un seul soignant référent. Il existe une grande demande parmi les soignants et les usagers en matière de fin de vie, mais la loi n'a pas eu assez d'impact en pratique.

Comment les soignants vivent-ils cette situation ?

Une étude récente vient de montrer que l'épuisement professionnel des infirmiers est en grande partie dû à la mauvaise gestion de la fin de vie dans les services. Il ne faut pas faire de la collégialité un quart d'heure avant la mort du malade. Les soignants doivent discuter en amont, s'asseoir autour d'une table, connaître l'environnement du patient, qui le représente, ce qu'il souhaitait, son histoire. En amorçant le processus très tôt, on arrive à prendre des décisions plus tôt et donc à diminuer l'acharnement thérapeutique.

Au regard de cette situation, ceux qui revendiquent que la loi Leonetti aille plus loin en autorisant un "droit à la mort" ou une "exception d'euthanasie" ont-ils raison de le faire ?

Il y a probablement quelques centaines de patients pour lesquels, malgré le projet de soins palliatifs, le sentiment de perte de dignité amène à un désir de mort. Mais cela est marginal par rapport au vrai problème de fin de vie qui se pose en France.

Ne faut-il pas malgré tout aborder cette question ?

C'est un débat de société dont il faut connaître les enjeux et les risques. Les risques, ce sont les dérives, comme le montrent les exemples hollandais et belge. Dans ces pays, il y a toujours autant de limitations thérapeutiques clandestines, et les critères de précaution ne sont pas toujours respectés. Par exemple, il arrive que des malades mentaux soient aidés à mourir malgré leur inaptitude à décider pour eux-mêmes. Si on fait une loi sur l'euthanasie et qu'elle est aussi mal appliquée que la loi Leonetti on peut arriver à des euthanasies indues. Il faut des critères de précaution très stricts. Et puis reste à savoir : qui fait le geste ? C'est aussi un vrai débat. Mais, je crains surtout que tout ce débat sur l'euthanasie n'arrive de manière précipitée et n'ait des effets contre-productifs sur les milliers de personnes qui vont mourir mal.

La campagne présidentielle pourrait-elle être l'occasion d'une surenchère autour de la question de l'euthanasie ?

Oui, parce que les pétitions qui circulent en faveur d'une légalisation de l'euthanasie rassemblent des centaines de milliers de signatures, environ 1 % des électeurs. C'est peut-être le moment d'aborder un problème plus large : que voulons-nous faire de la santé ? Veut-on privilégier le scanner à tout bout de champ ou au contraire améliorer les droits du patient sous toutes leurs formes, ce qui nécessite des moyens adéquats ? Je crains que, s'il y avait une loi sur l'euthanasie, on n'occulte l'idée du droit du patient en amont. Si la loi Léonetti était bien appliquée, les choses se passeraient bien.

Pensez-vous qu'il y aurait un risque à autoriser une loi sur l'euthanasie dans un contexte économique morose pour l'hôpital ?

Ce serait une des dérives que l'on aurait du mal à juguler. L'afflux de malades, le manque de places, et des décisions de fin de vie accélérée. La procédure collégiale prévue par la loi Leonetti lorsque le malade est inconscient est un garde-fou que n'aurait peut-être pas une loi sur l'euthanasie. L'euthanasie préfigure des fins de vie accélérées.

Avez-vous le sentiment que les équipes se sont emparées de la notion du "double effet" (atténuer la douleur au risque d'abréger la vie) autorisée par la loi ?

Oui. L'ensemble des équipes est pour l'augmentation des médicaments, quitte à ce que cela abrège la vie. Tout est dans l'intention et la traçabilité. On peut augmenter progressivement la morphine avec une famille présente dans la chambre et on peut l'écrire dans le dossier médical. En revanche, on ne peut ni écrire que l'on va injecter une dose massive, un "bolus", ni le faire. Sous-entendre qu'administrer de la morphine en sédation terminale c'est la même chose que l'euthanasie, c'est faux.


Propos recueillis par Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard

Article paru dans l'édition du 11.03.07

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Série d'attentats meurtriers en Irak au lendemain de la conférence internationale sur la sécurité

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Série d'attentats meurtriers en Irak au lendemain de la conférence internationale sur la sécurité

LEMONDE.FR avec Reuters | 11.03.07 | 12h05  •  Mis à jour le 11.03.07 | 12h06

'explosion d'une voiture piégée a fait au moins 19 morts, dimanche 11 mars, dans le centre de Bagdad, tandis qu'un kamikaze se faisait exploser dans un quartier de l'est de la capitale irakienne, tuant au moins dix personnes, a annoncé la police.

L'attentat à la voiture piégée visait un camion transportant des pèlerins chiites qui traversait le quartier de Karrada. Le bilan provisoire fait également état de 20 blessés. Les pèlerins rentraient de la ville sainte de Kerbala, où ils ont participé à l'Arban, célébration religieuse chiite.

Dans l'est de Bagdad, un kamikaze a déclenché sa charge explosive alors qu'il se trouvait dans un minibus circulant à proximité de Sadr-City, quartier majoritairement chiite. Un premier bilan policier recense dix morts et huit blessés.

Un attentat a également été perpétré contre le siège du Parti islamique, le principal parti sunnite irakien, à Mossoul, dans le nord, a-t-on appris auprès des services de sécurité. Au moins quatre personnes ont été tuées.

A Baladruz (100 km au nord-est de Bagdad), l'explosion d'un engin artisanal au passage d'un minibus a tué cinq ouvriers et en a blessé dix autres, selon le lieutenant Mohamed Salem, de la police de la province de Diyala.

De plus, deux femmes ont péri dans les mêmes circonstances à Mahmoudiyah (30 km au sud de Bagdad). Un enfant et une femme ont également été blessés, selon une source de sécurité.

Ces attaques surviennent au lendemain de la conférence internationale sur la sécurité en Irak, qui a rassemblé à Bagdad les délégations de 17 pays et organisations, dont les Etats-Unis ainsi que l'Iran et la Syrie.

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