11 mars 2007
L'extrême centre de Bayrou commence à agacer
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Corinne Lepage se rallie à Bayrou
Elle affirme qu'elle avait la capacité de réunir les 500 signatures mais que sa décision "peut permettre à l'écologie politique d'occuper la place qui lui revient".
Par Liberation.fr / Reuters
LIBERATION.FR : dimanche 11 mars 2007
Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement et candidate du mouvement CAP 21 à l'élection présidentielle, annonce son ralliement à François Bayrou.
"J'ai décidé de rejoindre François Bayrou, malgré ma capacité à obtenir les 500 signatures", dit-elle dans un entretien accordé au Journal du Dimanche.
"En effet, il incarne aujourd'hui un véritable changement dans le pays, qui peut permettre à l'écologie politique d'occuper la place qui lui revient, c'est-à-dire au centre de l'échiquier", ajoute cette avocate de formation qui servit dans le gouvernement d'Alain Juppé au début du septennat de Jacques Chirac en 1995, au nombre de ce qu'on appela les "Juppettes".
Elle dit partager avec le candidat de l'UDF, qui prône la fin du clivage droite-gauche "de nombreuses idées, tant sur la moralisation de la vie publique que sur la nécessité de fonder une VIe République".
Elle souligne que CAP 21, à l'origine un club de réflexion fondé en 1996, ne fusionnera pas avec l'UDF et qu'en tant que "femme libre" elle gardera sa liberté de parole.
Corinne Lepage avait recueilli 1,88% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle en 2002. Les sondages d'opinion la créditaient cette fois d'à peine 1%.
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/240112.FR.php
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10 mars 2007
Petit Bayrou deviendra grand
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Petit Bayrou est devenu grand
LE MONDE | 10.03.07 | 14h36 • Mis à jour le 10.03.07 | 14h36
quoi voit-on la différence entre un candidat à 6 % et le même à 24 % quelques semaines plus tard ? Au nombre de caméras et d'appareils photo qui l'entourent et de micros qui lui sont tendus. Le suivi de François Bayrou, candidat de l'UDF, par les médias a ainsi épousé une courbe quasi parallèle à celle que dessinent les intentions de vote en sa faveur, depuis l'annonce officielle de sa candidature, le 2 décembre 2006.
Il serait faux d'imaginer que les premiers pas du candidat centriste en campagne se sont faits dans l'indifférence générale. Mais il est vrai qu'on ne s'y bousculait pas. Pour son premier déplacement en tant que candidat déclaré, les 13 et 14 décembre dans l'agglomération lilloise, deux monospaces suffisent, sur place, à transférer les envoyés spéciaux de la presse nationale. A Toulouse, le 5 mars, un car et un minibus avaient été réquisitionnés.
Boycotté par les médias, François Bayrou ? Non. Mais, incontestablement, l'ensemble du système médiatique s'était installé dans une configuration de duel Royal-Sarkozy. Le Monde n'y a pas échappé. Quand le conseil national de l'UDF approuve son avant-projet législatif, mi-novembre, pas une ligne dans le quotidien du lendemain, qui a consacré en revanche un long papier aux propositions que l'UMP doit adopter trois jours plus tard, avant d'y revenir le lendemain sous la forme d'une page "Document". Un traitement à double vitesse qui a suffi à installer l'idée que le candidat centriste n'avait rien à proposer. Aujourd'hui, avec la montée en puissance de sa campagne et l'écho qu'elle rencontre, changement de pied : il faut analyser le "réalisme" de ses propositions. Il avait donc des propositions !
Cette nouvelle notoriété est aussi, pour l'équipe du candidat, un élément à gérer. Non seulement parce qu'il lui faut faire en sorte que chacun des professionnels de la presse écrite ou audiovisuelle, régionale, nationale et internationale, puisse travailler dans des conditions correctes, mais parce qu'il lui faut aussi veiller à ce que le candidat ne soit pas submergé.
Un des épisodes les plus délicats à cet égard fut la visite dans la cité du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), le 9 février. Pour ce déplacement, des dizaines de journalistes, preneurs de son et d'images avaient pris place dans le RER. A l'étage supérieur de la voiture où est monté le candidat, photographes et cameramen se bousculent pour faire des images. Dans le sas inférieur, Marielle de Sarnez, la directrice de campagne, pressent les difficultés. Avec Philippe Lapousterle, un ancien journaliste devenu le sparring partner de François Bayrou, elle s'inquiète de la manière d'organiser un roulement, sur place, pour que cela ne tourne pas à l'émeute.
Et tout se passera sans le moindre incident. Sans service d'ordre, sans dispositif policier autour du candidat. A l'arrivée en gare de Mantes-la-Jolie, c'est François Bayrou lui-même qui met bon ordre à la bousculade. "Essayez de vous comporter de manière civilisée, lance-t-il à la nuée de reporters qui se presse autour de lui. Ce n'est pas la peine de bousculer tout le monde..."
Depuis le début de sa campagne, le candidat centriste a pris grand soin de consacrer tout le temps nécessaire à la presse régionale. Même avec l'afflux récent de journalistes de la presse nationale ou internationale, il ne modifie en rien cette disponibilité. Tout au long d'une visite d'une demi-journée sur le terrain, ce sont des dizaines d'arrêts informels pour répondre aux journalistes. Auxquels s'ajoute, invariablement, un point presse pour faire un premier bilan avant le meeting du soir. Là, c'est lui encore, la plupart du temps, qui en organise le déroulement : "On commence par la presse écrite. On fera après les radios et les télévisions..."
François Bayrou avait réalisé un coup d'éclat, à la fin de l'été, en s'en prenant à la proximité, et même "l'intimité", le mélange des intérêts entre quelques grandes puissances industrielles dépendant des marchés de l'Etat et les empires de presse, en appelant à la séparation des pouvoirs politique, économique et médiatique. Cette charge violente, doublée d'une fameuse passe d'armes avec Claire Chazal lors d'un journal de 20 heures au sein même de la citadelle TF1, aurait pu suffire à ranger le candidat de l'UDF dans la catégorie des "grognards" dont les médias se méfient. Il se distingue, au contraire, avec les professionnels qui le suivent dans sa campagne, par une disponibilité de tous les instants.
C'est peut-être tout ce qui fait la différence entre le candidat Bayrou et Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal. Là où les autres imposent une stricte organisation, soucieux d'offrir d'eux-mêmes l'image la plus avantageuse, lui s'en remet à la responsabilité des journalistes, laissant à chacun le maximum de liberté dès l'instant qu'on lui laisse la sienne, n'hésitant pas à remettre en place quand la façon dont se passent les choses ne lui paraît "pas convenable", le tout dans un esprit un peu boy-scout, bazar organisé, mais qui finalement se déroule sans heurts et satisfait tout à la fois les professionnels de la presse et les citoyens à la rencontre desquels François Bayrou prend un évident plaisir et le temps d'aller.
Les seuls qui fulminent sont les membres de son équipe, qui voient les retards sur les horaires prévus s'accumuler et sont obligés, en permanence, d'adapter l'organisation de ses déplacements.
Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 11.03.07
François Bayrou à égalité avec Ségolène Royal, selon un sondage IFOP
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François Bayrou à égalité avec Ségolène Royal, selon un sondage IFOP
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 10.03.07 | 18h44 • Mis à jour le 10.03.07 | 19h20
rançois Bayrou est pour la première fois à égalité avec Ségolène Royal en terme d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle avec 23 %, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Le Journal du Dimanche à paraître le 11 mars et réalisé les 8 et 9 mars. Les candidats centriste et socialiste sont toutefois précédés par Nicolas Sarkozy qui reste en tête des intentions de vote à 28 %.
Ségolène Royal suit une pente inverse, perdant respectivement 2,5 points et 5 points par rapport à ces précédentes enquêtes. Nicolas Sarkozy perd pour sa part un point par rapport au sondage IFOP Paris-Match et reste au même niveau que dans la précédente enquête IFOP-JDD.
Jean-Marie Le Pen arrive en quatrième position avec 13% des intentions de vote, gagnant respectivement 1 et 1,5 points par rapport aux précédents sondages.
Viennent ensuite Olivier Besancenot à 3,5 % (-0,5), Arlette Laguiller (=) et Marie-George Buffet (-0,5) sont à 2 %, José Bové à 1,5 % (-0,5). Trois candidats sont à 1% - Dominique Voynet (+0,5), Frédéric Nihous (+0,5) et Philippe de Villiers (-1) - et deux à 0,5% : Gérard Schivardi (+0,5) et Corinne Lepage (=). Nicolas Dupont-Aignan n'atteint pas ce seuil.
En cas d'absence de Jean-Marie Le Pen au premier tour, hypothèse envisagée si le président du Front national n'obtenait pas les 500 parrainages d'élus requis pour briguer l'Elysée, Nicolas Sarkozy semble le candidat qui en bénéficierait le plus. Il obtient 34,5 % d'intentions de vote devant, cette fois, François Bayrou (25 %) et Ségolène Royal (24 %). Philippe de Villiers, candidat souverainiste du Mouvement pour la France, pointe dans ce cas-là à 3,5 %, contre 1% si Jean-Marie Le Pen était candidat.
Le sondage a été réalisé auprès d'un échantillon de 881 personnes, représentatif de la population française gée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales, extrait d'un échantillon national de 959 personnes.
Ségolène Royal ne commente pas
Interrogée par l'AFP sur ces mauvais résultats, Ségolène Royal a expliqué qu'elle "ne commente pas les sondages". Elle a précisé qu'elle s'emploierait la semaine prochaine, lors d'une série de meetings et d'émissions télévisées, à expliquer la cohérence et les valeurs de son pacte présidentiel, "en quoi il incarne un vrai changement".
François Hollande a pour sa part estimé que Ségolène Royal devait "garder son cap". "La seule manière de gagner une élection c'est de croire d'abord en son projet et en sa candidate. Je pense que Ségolène Royal est la plus crédible aujourd'hui", a-t-il assuré. (Avec AFP)
09 mars 2007
François Bayrou talonne Madame Royal dans les sondages
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Le centriste talonne Mme Royal dans les sondages et espère être présent au second tour
François Bayrou accède au statut de grand candidat
LE MONDE | 08.03.07 | 17h58 • Mis à jour le 08.03.07 | 17h58
ccompagnant l'engouement autour de sa campagne, François Bayrou enregistre une nouvelle poussée dans les sondages. Il gagne 7 points, à 24 %, par rapport à une enquête du 28 février, selon un sondage CSA pour Le Parisien et i-télé réalisé, mercredi 7 mars, auprès de 917 personnes. Il talonne Ségolène Royal (25 %, - 4) et Nicolas Sarkozy (26 %, - 3).
Un sondage BVA réalisé les 5 et 6 mars auprès de 853 personnes pour la presse quotidienne régionale accorde à M. Bayrou une progression de 4 points, à 21 %, alors que Mme Royal obtiendrait 24 % (- 1) et M. Sarkozy 29 % (- 2). En dépit des pressions de leurs principaux commanditaires, les instituts commencer à tester des seconds tours avec M. Bayrou. Selon BVA, il battrait M. Sarkozy par 55 % contre 45 %, alors que ce dernier l'emporterait par 53 % contre 47 % contre Mme Royal.
La seconde quinzaine de février aura marqué un tournant. Ce qui apparaissait comme une campagne bien menée a pris des allures de déferlante, comme en témoigne l'accueil réservé au candidat UDF dans des rencontres qu'il se plaît à prolonger, avec les habitants du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), avec des salariés, des étudiants. L'affluence n'a cessé de grossir. Des salles comme l'UDF n'en avait jamais rempli. Une surprise pour un parti qui ne dispose pas de l'infrastructure militante et des moyens financiers de l'UMP et du PS. C'est un public venu en grande partie "pour voir" le candidat, se faire une idée, qui accourt.
Des salles combles du début février, réunissant entre 2 000 et 3 000 auditeurs, les meetings sont passés au stade, où les organisateurs ont dû refuser l'accès, pour des raisons de sécurité, à des centaines de personnes. "Il faut changer de jauge", s'exclamait une responsable de l'UDF, au soir du meeting de Caen, le 1er mars. Une partie du public rebroussait chemin faute de places. En urgence, le grand hall du Parc des expositions de Toulouse a été loué pour accueillir, lundi 5 mars, plus de 6 000 personnes, parmi lesquelles des jeunes en grand nombre.
La difficulté est de faire face à ce succès grandissant. Comment répondre aux sollicitations ? Comment passer à une capacité supérieure, "sans perdre en souplesse, en réactivité et, surtout, en gardant la même authenticité ?", résume la directrice de campagne, Marielle de Sarnez. La prochaine grande étape sera le meeting du 21 mars au Zénith à Paris. Une première dans l'histoire du parti centriste. Ce n'est que fin février que la décision en a été prise. Ce qui aurait paru insensé il y a un mois apparaît désormais naturel.
Il a aussi fallu renforcer les effectifs. Pour répondre à la presse, l'équipe de Marie-Amélie Marq, entourée de deux collaboratrices et de deux stagiaires, s'est étoffée pour passer à onze personnes, alors que la presse étrangère a commencé à affluer en février. A Bordeaux, le 7 février, la première équipe de télévision japonaise, NHK, a suivi M. Bayrou. "Nous avons près d'une centaine de demandes en attente", confie Mme Marq.
Sur le site bayrou.fr, 1 500 courriels arrivent chaque jour, et une équipe renforcée tourne en permanence pour leur répondre. Au siège de l'UDF, les services tournent sept jours sur sept, de 8 heures à 23 heures. Ceux qui ont été appelés en renfort ne sont pas nécessairement encartés. "Mais ce sont des gens qui ont envie de s'investir, opérationnels, qui ne rechignent pas à la tâche. Tout a été multiplié. On change d'ordre de grandeur sans changer d'état d'esprit", précise la responsable presse.
Quant à M. Bayrou, il a été obligé à changer de mode de transport. L'avion a remplacé le train. Même si le tracteur s'est imposé comme l'emblème de sa campagne.
Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 09.03.07
05 mars 2007
François Bayrou, troisième homme dans les sondages
Pour ceux qui traitent de la campagne de l'UDF, interrogez vous sur le pourquoi de l'émergence de ce François Bayrou en tant que troisième homme dans les sondages. Comment les médias le présentent-ils? Comment se présente t'il? Quelle image donne t'il?
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Un sondage confirme la position de "troisième homme" de François Bayrou
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 05.03.07 | 10h06 • Mis à jour le 05.03.07 | 10h28
rançois Bayrou confirme sa percée. Dans un sondage TNS-Sofres pour Le Figaro-RTL-LCI rendu public dimanche 4 mars, le président de l'UDF est crédité de 18,5 % d'intentions de vote au premier tour. Une progression de 6,5 points par rapport au dernier sondage du même institut, les 14 et 15 février. (Voir l'évolution des intentions de vote institut par institut, sur Le Monde.fr.)
Tous les instituts enregistrent depuis janvier une progression du leader centriste, passé de quelque 6 % à 17 % dans quatre sondages publiés depuis une semaine, et même 19 %, son plus haut niveau, dans une étude IFOP mardi.
LE PEN À 12 %, VILLIERS EN BAISSEJean-Marie Le Pen (FN) recueille dans le baromètre TNS-Sofres 12 % (- 1), alors qu'aucun autre candidat ne dépasse 3 % au premier tour, selon cette enquête.
Olivier Besancenot (LCR) obtient 3 % (- 0,5), Marie-George Buffet (PCF) 2,5 %, score inchangé, José Bové 2 % (- 1) et Arlette Laguiller (LO) est stable à 2 %. Ensuite viennent Dominique Voynet (Verts), toujours à 1 %, Philippe de Villiers (MPF), en baisse de 1,5 point à 1 %. Corinne Lepage (Cap 21), Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP) et Frédéric Nihous (CPNT) sont crédités de 0,5 % chacun.
15 % des sondés (- 3) n'ont pas exprimé d'intention de vote pour le premier tour. 59 % se disent "sûrs de leur choix" pour le premier tour, 39 % disant pouvoir encore "changer d'avis".
M. SARKOZY DONNÉ VAINQUEUR AU 2e TOUR : 54 %Pour le second tour, Nicolas Sarkozy obtient 54 % (- 1) des intentions de vote, Ségolène Royal resserrant un peu l'écart sur le dernier baromètre TNS-Sofres à 46 % (+ 1). 17 % des sondés n'ont pas exprimé d'intention de vote pour le second tour.
36 % des sondés disent avoir "beaucoup" d'intérêt pour l'élection, score inchangé. 40 % (- 1) sont "assez" intéressés, contre 18 % (+ 1) qui sont "peu" et 6 % "pas du tout" intéressés.
Méthodologie
Sondage réalisé les 28 février et 1er mars par téléphone auprès d'un échantillon de 1 000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).
04 mars 2007
Entretien dans le Monde avec F.BAYROU
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Bayrou prône "l'union nationale" et la création d'un "grand parti démocrate"
LE MONDE | 02.03.07 | 09h29 • Mis à jour le 02.03.07 | 10h51
maginons que vous êtes élu le 6 mai. Comment formez-vous votre premier gouvernement ?
Depuis des années, j'ai observé la dégradation de la vie politique française et les signes multiples de l'affaiblissement de notre pays. J'en suis arrivé à la conclusion que son redressement passe par un électrochoc : il faut une union nationale pour donner à tous les Français la certitude qu'on va poser les vraies questions et y apporter des réponses non-partisanes.
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Mais le PS et l'UMP ne sont pas prêts à s'engager dans cette démarche.
Mesurez ce que sera la force et l'écho de la décision des Français, dans notre pays et à l'extérieur, s'ils élisent un président porteur de cette idée… Si les appareils refusaient d'entendre ce message, ils seraient rejetés aux élections législatives.
En Allemagne, il y a quelques mois, la CDU et le SPD disaient qu'ils n'accepteraient jamais de gouverner ensemble. Il se trouve que le peuple allemand leur a donné mandat, avec le vote aux législatives, de travailler ensemble. Et ils l'ont fait.
Vous pariez sur un éclatement du PS et de l'UMP ?
Non. Ils prendront leurs responsabilités. La nouveauté de la proposition politique qui est la mienne est qu'elle invite à voir ce qui rassemble et non ce qui sépare artificiellement.
Donc on va aux élections, au scrutin majoritaire, avec des candidats "majorité présidentielle"…
Elu président de la République, investi de la confiance des Français et porteur de ce mandat du peuple, je nomme un gouvernement de rassemblement. Ce gouvernement accordera un label dans chaque circonscription aux candidats qui le soutiendront. La nouvelle majorité présidentielle sera présente dans chaque circonscription du pays. Et les Français la choisiront.
Cela vous amènera-t-il à créer un nouveau parti ?
Oui, je crois que ce sera une nécessité. Pour porter ce nouvel espoir et cette grande responsabilité, l'UDF dans sa forme actuelle ne suffira pas. Il faudra un grand parti démocrate pour la France.
En 1988, après l'élection de François Mitterrand, les candidats de la majorité présidentielle avaient perdu plus d'un million de voix par rapport à ce qu'il avait obtenu au premier tour. La vague n'est pas automatique.
Vous verrez le contraire. La vague dépassera de beaucoup l'élection présidentielle. Les Français ont entre les mains une arme à plusieurs coups : un nouveau président, un nouveau gouvernement, une nouvelle majorité. En 1988, Mitterrand a manqué à son engagement : il se fait élire sur "la France unie" et, aussitôt après, il referme cet engagement en se contentant de quelques débauchages. Les Français n'ont pas aimé cette attitude, et je les comprends. Je suis contre les manœuvres, je suis pour les rassemblements assumés devant le pays.
Et vous changez le mode de scrutin ?
Parmi les premiers grands chapitres du redressement, il y a les institutions. Le président de la République assume ses responsabilités, mais le gouvernement ne pratique plus le passage en force. Le 49-3, les ordonnances, n'entrent plus dans le cadre des rapports entre le gouvernement et le Parlement.
On met en place une loi électorale juste : 50 % des sièges au scrutin majoritaire de circonscription, 50 % à la proportionnelle, avec une barre à 5 % des suffrages. On garde ainsi une dynamique majoritaire tout en répondant à l'impératif d'une représentation équilibrée des territoires et des opinions.
Donc le Front national rentre au Parlement ?
Oui, il rentre au Parlement si les électeurs le veulent. Ainsi les confrontations auront lieu à visage découvert. Et l'extrême gauche rentre au Parlement, si les électeurs en décident ainsi. On a besoin d'un Parlement qui représente la France dans sa diversité.
Parmi les chantiers prioritaires, vous mettez l'éducation nationale. Vous voulez discuter avec les syndicats. Mais aurez-vous le courage de réformer ?
Réformer, le mot n'est pas suffisant. Ce qu'il faut, c'est refonder. Je ne partage pas la vision de ceux qui présentent le travail à conduire avec l'éducation nationale comme une mise au pas, avec des coupes claires ou sombres à tous les étages ! Je veux que l'on revienne à l'égalité scolaire, c'est-à-dire à de bonnes conditions d'étude et à l'excellence partout. Y compris dans le collège de banlieue ou dans le monde rural profond.
Je connais les personnels de l'éducation nationale, et il se trouve que je les estime. Je passerai un contrat avec eux. Je garantis les moyens, j'arrête la chasse perpétuelle aux postes, d'ailleurs infructueuse. Avec ces moyens garantis, on va augmenter l'exigence de résultats. On va s'obséder de cette idée qu'il n'y aura plus de collèges de seconde zone, plus de collèges ghettos.
Je me fixe l'objectif que l'école publique soit réhabilitée et que la discipline revienne dans les établissements. Cela veut dire : être capable d'identifier les quinze ou vingt enfants déstabilisés qui déstabilisent la vie scolaire et de leur donner une pédagogie adaptée, avec des éducateurs, avec des psychologues, pour leur permettre de retrouver des repères. En les sortant de l'établissement, mais sous sa responsabilité.
Quand j'ai défini ce concept, en 1995, j'avais appelé cela le collège hors les murs. Malheureusement, l'idée a été abandonnée par mes successeurs.
Où réalisez-vous des économies et comment engagez-vous la réforme de l'Etat ?
Je me fixe l'objectif que, en trois ans, la dette soit stabilisée en valeur absolue. Avec une croissance annuelle de 2 %, les rentrées fiscales, à prélèvements égaux, augmentent d'environ 14 milliards d'euros par an. Je propose d'en affecter automatiquement la moitié, 7 milliards, à la baisse du déficit. Cela fait 21 milliards en trois ans. C'est le montant nécessaire pour stopper la croissance de la dette.
Pour arriver à faire des économies, il faut engager une conférence avec les collectivités territoriales, parce qu'elles sont une partie du déficit du pays. Je proposerai le principe de la compétence négative, en arrêtant les compétences croisées. C'est-à-dire qu'une collectivité et une seule s'occupe d'un secteur.
Je veux fondre en une seule collectivité les départements et les régions : même administration, administrée par les mêmes élus désignés selon le même principe d'équité : moitié au scrutin de circonscription, moitié à la proportionnelle, de manière que soient représentés les territoires et les opinions.
Pour couronner le tout, j'inscrirai dans la Constitution l'interdiction de présenter un budget en déficit de fonctionnement. On ne peut pas baisser les prélèvements obligatoires tant qu'on n'a pas retrouvé l'équilibre de nos finances publiques.
En vous inscrivant dans le cadre de ces grandes contraintes, notamment en matière de fiscalité et de prélèvements obligatoires, comment pensez-vous parvenir à rééquilibrer le partage des richesses ?
Cela ne peut pas se faire par la loi, cela ne peut se faire que de manière incitative. Je proposerai une mesure incitative forte pour que les entreprises soient amenées à partager leurs bénéfices à la fin de l'année avec leurs salariés. C'est plus que la participation, parce que la participation est bloquée pendant cinq ans.
Il faut que cet intéressement puisse être liquide et que l'entreprise trouve un avantage à partager ses bénéfices avec ses salariés. Cela se discutera avec les organisations représentant les entreprises.
J'appartiens à cette école de pensée qui pense que la bonne répartition, c'est : un tiers pour le capital, un tiers pour l'investissement et un tiers pour les salariés. En vingt ans, on a assisté à une dérive de huit points vers le capital.
En quoi consiste votre idée d'une Europe à deux cercles ?
Il y a deux projets européens en concurrence. Le projet qui veut une Europe la plus large possible, dont l'objectif est de faire un marché commun avec des règles juridiques communes. Notre projet est plus exigeant : il est de regrouper nos forces pour agir ensemble sur le destin du monde, pour défendre des valeurs et un projet de société.
Dans l'état actuel des choses, ces deux projets coexisteront, pendant longtemps. On a ainsi un des schémas politiques de l'avenir de l'Europe. L'Europe active doit être ouverte, elle doit pouvoir être rejointe. Son socle, ce sont les fondateurs et la zone euro.
Les pays qui considèrent que commerce et règles juridiques suffisent formeront le deuxième cercle, qui peut également s'élargir, par exemple au bassin méditerranéen, à l'Ukraine…
Etes-vous prêt à accepter l'entrée de la Turquie, à laquelle vous étiez opposé ?
J'ai largement exprimé mon point de vue. Puis il y a eu l'ouverture des négociations. Et à cette ouverture des négociations, j'ai dit : la chaise de la France ne restera pas vide. Beaucoup de gens, en Turquie même, réfléchissent à l'inadéquation de l'adhésion pure et simple à l'Union européenne.
Il faut poursuivre cette réflexion avec les gouvernements turcs. C'est une affaire qui bougera. L'ouverture des négociations est une décision qui a été prise et sur laquelle je ne reviendrai pas. Il y a une continuité de l'Etat.
Envisagez-vous de rediscuter avec les partenaires européens sur le droit de veto et la présence permanente de la France au Conseil de sécurité des Nations unies ?
Nous avons la chance d'être au Conseil de sécurité des Nations unies. Je considère que nous y sommes en notre nom et que nous représentons aussi une part de l'Union européenne. C'est une chance pour l'Union européenne d'avoir deux membres permanents aux Nations unies.
Mais je ne pense pas qu'on puisse envisager l'édification de l'Europe par un amoindrissement de la France. Je crois que la voix de la France, pour être entendue, doit avoir cette chambre d'écho européenne.
Par exemple, sur l'Irak ?
La France a bien fait de dire ce qu'elle a dit. J'ai dit à cette époque à quel point je soutenais la position de Jacques Chirac. Et je peux vous dire que les pressions n'ont pas manqué pour que je fasse un autre choix. Je n'ai qu'une seule nuance avec lui : je suis persuadé que si on avait eu une expression forte du président de la République française dans le cadre d'un Conseil européen, celle-ci aurait eu un écho extraordinaire dans les autres pays européens.
Etes-vous favorable à un nouveau référendum sur l'Europe ?
Je ne laisserai pas se creuser le fossé entre les Français et l'Europe. Ils ont voté non, et je n'éluderai pas le débat avec eux. La position de Nicolas Sarkozy, qui veut court-circuiter le vote des Français et faire voter un minitraité par le Parlement, dès le mois de juillet, est d'une part totalement irréaliste et d'autre part dangereuse car elle risque de couper les Français un peu plus de l'idée européenne.
Propos recueillis par Caroline Monnot, Arnaud Leparmentier et Patrick Roger
01 mars 2007
Nicolas Sarkozy accuse François Bayrou de faire le jeu des extrêmes
Un article du Monde dans l'édition du 1er mars 2007: Lien permanent: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-877535@51-825418,0.htmlNicolas Sarkozy accuse François Bayrou de faire le jeu des extrêmesLEMONDE.FR | 01.03.07 | 11h18 | |||
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La vraie nature de François Bayrou
Un article de Libé sur Bayrou, encore!
Lien permanent: http://hebdo.nouvelobs.com/p2208/articles/a334459.html
Il pourrait être le « troisième homme »
La vraie nature de François Bayrou
« Il n'a de modeste que ses origines », dit un de ses anciens proches. Le candidat UDF, qui juge Ségo inepte et Sarko inapte à gouverner, a une certaine idée de lui-même. Prophète inspiré, il ne veut rien de moins que refonder la République française, comme de Gaulle en son temps. Portrait d'un homme habité qui s'attaque, avec la foi du charbonnier, à une mission quasi impossible
Contrairement à ce qui se passe au Parlement français, des amitiés se nouent assez souvent au Parlement européen entre députés de bords opposés. A cela, une raison objective. Dans le volapük européen, les parlementaires d'un même pays se sentent spontanément solidaires. Au cours de sa période strasbourgeoise, entre 1999 et 2002, François Bayrou est ainsi devenu proche de deux personnalités de gauche, Michel Rocard et Daniel Cohn-Bendit. Le premier a participé à l'université d'été de l'UDF, l'an dernier. Le second s'est répandu dans la presse, la semaine dernière, pour préconiser l'émergence d'une nouvelle majorité : socialiste, écologiste et centriste. A gauche, ils ne sont pas nombreux à déclarer les centristes fréquentables. Bayrou lui en est-il reconnaissant ? Absolument pas. «Cohn-Bendit voudrait que le centre devienne la roue de secours de la gauche comme hier il était la roue de secours de la droite. Il n'en est pas question.»
On ne comprend rien à François Bayrou si on voit seulement en lui un champion du centrisme. Centriste, il l'est par toutes ses fibres. Il ne supporte pas, par exemple, l'ode à «ceux qui se lèvent tôt » entonnée par Nicolas Sarkozy dans chacun de ses meetings. Il juge réac de stigmatiser ainsi ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ont des pannes d'oreiller. «Entre la réussite et l'échec, c'est parfois le hasard qui décide», observe-t-il. Mais il est tout aussi sévère avec les trente-cinq heures qui, selon lui, ont naufragé l'économie française. Comme ses prédécesseurs du centre, Bayrou se sent proche de la gauche sur le plan social, mais guère éloigné de la droite sur le plan économique.
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Une fois posé ce principe, un constat s'impose : le projet de Bayrou tient de la mission impossible. Il ne brigue qu'une place, la première, en s'appuyant sur un secteur de l'opinion, le centre, qui, dans toutes les démocraties, est moins large que la droite ou la gauche. Comment gagner à partir d'une rampe de lancement aussi étroite ? En 2002, un Bayrou habité, forcément habité, l'a joué moderne : la gauche, comme la droite, c'était des vieilleries, des survivances d'un monde révolu. Le centre était l'avenir de l'homme. Résultat : seuls les centro-centristes ont voté pour lui. Moins de 7% desélecteurs. Il a payé cash cet échec : de nombreux centristes que le compagnonnage avec la droite ne défrisait pas ont opté pour l'UMP. Paradoxe : le héraut du centre se comportait alors en allié objectif de la droite !
Cinq ans plus tard, Bayrou a pris de la bouteille : il a intégré qu'il valait mieux rassembler sur son nom que pour le compte de ses adversaires. Son nouveau credo : la patrie est en danger, comme à la fin de la IVe République. Ce n'est plus la décolonisation qui fait vaciller la France, mais la marée de la dette et des déficits. L'heure serait à l'union des bonnes volontés : la gauche moderne, la droite modérée et le centre devraient s'associer d'urgence pour appliquer un programme de salut public. Au diable la démagogie, les promesses intenables, le toujours plus de dépenses de la gauche archaïque, le toujours moins de recettes de la droite dogmatique. Son panache reste plus que jamais centriste, mais les électeurs de gauche et de droite qui désirent s'y rallier ne sont plus priés d'abandonner leur identité dans l'isoloir. Ils ont leur place dans cette tentative de restauration du modèle républicain.
Tout à cette quête, le candidat UDF croit être aidé par la conjoncture. «Quand on a su qu'en face ce serait Sarko et Ségo, on a sablé le champagne», confie Philippe Lapousterle, un ancien journaliste devenu «sparring partenaire» de Bayrou le temps de la campagne. Lorsqu'on prétend réunir le «cercle de raison», pour reprendre une formule d'Alain Minc, on se réjouit d'avoir comme compétiteurs des rivaux que l'on présume déraisonnables. Déraisonnables ? Dans l'esprit de Bayrou, le mot est faible : Sarko et Ségo seraient inquiétants, voire anxiogènes.
Sarkozy. Sous Edouard Balladur, Bayrou a été son allié. Sous Jacques Chirac, il l'a beaucoup ménagé. Au début du quinquennat, alors qu'il accablait Jean-Pierre Raffarin de ses sarcasmes, il prenait soin de ne pas heurter un ministre de l'Intérieur très en vogue chez les députés UDF. Jusqu'au moment où il a compris qu'ils avaient rendez-vous en 2007. Aujourd'hui, Bayrou présente Sarkozy comme un leader tellement fasciné par le modèle américain qu'il ne comprendrait rien à l'alchimie française ; comme un enfant de Pasqua animé d'un esprit claniste et capable de tous les coups tordus ; comme un adepte de l'argent roi qui se perdrait dans la fréquentation des patrons du CAC 40. Il ne voit pas comment la droite républicaine pourrait, au final, voter pour un type aussi dangereux.
Bayrou connaît moins bien Ségolène Royal. En public, il évite tout propos blessant. Mais son opinion est faite : à côté de Sarko le fric, il y a Ségo la frime et la fripe. Le PS aurait trahi son âme en cédant au piège de «la pipolisation». Impossible après le passage de Ségolène Royal à « J'ai une question à vous poser », sur TF1, - une émission qu'il affrontait lui-même ce lundi - de lui faire admettre que la candidate socialiste avait au moins fait montre ce soir-là de caractère et de savoir-faire. Pour cet agrégé de lettres, Ségo est aussi inepte que Sarko est inapte à gouverner la France : le second est inculte quand la première est cucul. Il ne voit pas comment la deuxième gauche pourrait voter pour elle.
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Mais en cet hiver 2007, vivant au rythme des sondages, il croit son heure arrivée. Rien ne l'affecte. Surtout pas les ralliements de parlementaires UDF, Christian Blanc et André Santini en tête, à Sarkozy. Il a traité ces transfuges de «clampins». Il existe une parenté entre François Bayrou et Dominique de Villepin. Se prenant tous les deux pour la réincarnation de De Gaulle, ils promènent sur leurs contemporains un regard empreint de commisération. Le Premier ministre divise le monde en deux catégories : lui et «les connards». Bayrou, pour sa part, se débat avec les «clampins». C'est un zeste plus affectueux, sans doute un effet de sa foi chrétienne. Dans deux mois, il espère faire taire les «clampins» : tous ceux, nombreux dans le microcosme, qui tardent à célébrer son avènement parce qu'ils ne comprennent rien à rien.
Le plus étonnant est que les « croyants » ne sont guère plus nombreux à l'UDF. Du moins, jusqu'à ce que les sondages... A l'automne dernier, bien peu de hiérarques UDF croyaient Bayrou capable d'accéder au second tour. «Un score à deux chiffres, ce serait déjà formidable», nous assurait un ami présumé. Bayrou proclame qu'il dispose autour de lui d'une dream team qui n'aurait rien à envier à celle de ses rivaux. Il aime à mettre en avant l'inventivité d'Hervé Morin, le président des députés UDF, la solidité de Michel Mercier, le patron des sénateurs UDF, le sens du terrain de Jacqueline Gourault, la sénatrice du Loir-et-Cher. En réalité, l'UDF est une mini-PME tirée par deux locomotives : Bayrou et Marielle de Sarnez, à la fois députée européenne et directrice de campagne. En 2002, elle avait laissé le titre, pas la fonction, à Gilles de Robien. Cette fois-ci, elle manage tout. Bayrou appelle dix fois par jour cette coéquipière de trente ans. Tous les soirs ou presque, ils se retrouvent pour dîner, parfois tardivement, souvent en compagnie de Philippe Lapousterle. Ensemble, ils refont le scénario qui doit immanquablement conduire Bayrou à l'Elysée. Le candidat la reconnaît presque comme son alter ego : «Elle est formidable.» D'un niveau très supérieur, il est vrai, à un Brice Hortefeux, qui tient un rôle similaire auprès de Nicolas Sarkozy. Seul bémol : «Il arrive à Marielle de se tromper.» Dieu merci, le candidat est à l'abri de ce genre de mésaventures...
Tous les présidentiables sont peu ou prou des aventuriers. Pour arriver à l'Elysée, François Mitterrand a épousé la gauche. Pour parvenir au même but, François Bayrou proclame qu'il a divorcé d'avec la droite. On n'est pas obligé d'y croire mais sa «vraie force d'être», détectée par Mitterrand, le porte chaque jour un peu plus. Assez pour bousculer tous les paramètres de l'élection présidentielle ?
Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur
28 février 2007
Ce que la presse britannique pense de Bayrou
Un article court mais exhaustif paru dans l'édition électronique de Courrier International du 22 février 2007
Lien permanent: http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=71110
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ors d'une rencontre avec des lecteurs du quotidien 